‹ Étude sur une épidémie de rougeoleChapitre 13 sur 20 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Rougeole compliquée de laryngite aiguë et suivie de mort.

ANTroINE (Marie), âgée de 9 ans, sœur du précédent et vraisemblablement contaminée par lui.

Le 5 juin, après avoir ressenti des nausées, des vomissements, des frissons fréquemment répétés et de grands maux de tête,

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elle se met au lit sans qu'on constate aucune éruption à la surface du corps.

Le 6, elle est prise tout à coup d’une oppression extrême, accompageée d’une inspiration sifflante, d’une respiration excessivement laborieuse. T. 40°. Pouls 130. La langue est sèche et couverte d’un enduit limoneux, sauf à la pointe, où elle présente un léger pointillé rouge. Les piliers et le voile du palais sont en même temps le siège d’un pointillé très vif. Les poumons sont congestionnés à peu près dans toute leur étendue, et l’on y entend des ràles crépitants fins. Une injection hypodermique de chlorhydrate de morphine est pratiquée dans le but de calmer l’agitation de la petite malade, mais elle ne semble pro+ duire aucun résultat.

Le 7, la toux est très rauque et il y a des convulsions dans la nuit. L'enfant refuse toute boisson, en sorte qu’il est impossible de lui administrer par le tube digestif aucun médicament. On répète l'injection hypodermique de chlorhydrate de morphine. T. 41°. Pouls 140.

Le 8, légère éruption à la face, mais bien pâle. Etat stationnaire du côté des poumons.

Le 9, l'enfant succombe dans la nuit aux suites d’une larynvite aiguë.

Comme on le voit, la caractéristique de ces deux histoires, c’est le catarrhe laryngé ; mais tandis que, chez le frère, 1l fut, au demeurant, très bénin, il prit, au contraire, subitement chez la sœur, un caractère de gravité exceptionnelle.

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