ÉTUDE CHIMIQUE DES ALLIAGES
industrielle, ni des résultats intéressants xjue donne ce procédé. Nous nous contenterons d'ajouter qu'en faisant la réduction des oxydes de fer, manganèse, chrome, nickel, cobalt, uranium, tungstène, molybdène, cuivre, etc., par de Taluminium en plus ou moins grand excès, nous avons obtenu des culots métalliques superbement cristallisés, qu'il suffisait généralement de laver à la potasse ou à l'acide acétique pour avoir une combinaison.
Nous aurons d'ailleurs à revenir avec quelques détails sur les résultats que nous avons ainsi obtenus, à propos de l'étude détaillée des alliages d'aluminium.
Exemples. — Nous donnerons à titre d'exemples les travaux qui ont été faits par cette voie sur la constitution des aciers et qui ont permis de définir les différents états du carbone.
Carbone. — On sait que l'on a pu isoler des aciers au carbone recuits ou bruts de forge, un carbure de fer qui parait bien correspondre à la formule Fe-^C. Ce carbure a été, en quelque sorte, soupçonné par Carron, puis isolé par MuUer, sir Abel, Osmond et Werth, Arnold et Read, Milius Forster et Schone, et enfin par Moissan.
C'est ce carbure de fer Fe^C qui a reçu de M. Howe le nom de cémentite. Différents métallurgistes ont donné au carbone qui se trouve sous cet état divers autres noms : Ledebur l'a appelé carbone du carbure normal; Osmond et Werth, carbone de recuit ; et enfin Caron, carbone de cémenlalion, pour rappeler qu'il se trouve en abondance dans les aciers cémentés.
Si l'on vient à attaquer par des aciers étendus les aciers trempés, c'est-à-dire des aciers qui ont été portés aune température assez élevée (aux environs de BOO** à 850°) et refroidis brusquement dans l'eau froide, on n'obtient plus de carbure de fer.
Le carbone se trouve sous un état particulier, certainement différent de celui dans lequel il existe dans les aciers recuits ou bruts de forge et que l'on nomme carbone de trempe. Il paraUêtre en solution solide dans le fer ou, ce que l'on ne
saurait préciser, à Tétat de combinaison dissoute dans le fer. De toute façon, il faut admettre que la dissolution du carbone ou du carbure dans le fer est attaquable par les acides étendus.
De plus, dans les fontes et dans un certain nombre de produits sidérurgiques, on rencontre du graphite^ qui est facile à caractériser; il est, en effet, inattaquable aux acides, même concentrés, et il se trouve complètement libre. Ce çraphite peut exister à Tétat de graphite cristallisé ou de graphite amorphe. Ce dernier, que Ton obtient plus particulièrement dans certains recuits, est souvent dénommé carbone graphitique ou même carbone de recuit. Il ne faut pas le confondre avec le carbone de carbure qui a reçu la même dénomination de la part de MM. Osmond et Werth. Ces confusions ne peuvent guère avoir lieu maintenant, car les noms de cémentite et de perlite ont triomphé, grâce à la micrographie.
En résumé, Tétude purement chimique des produits sidérurgiques a permis de caractériser les trois états suivants du carbone :
1" Le carbone de carbure formant avec le fer une combinaison déPmie, la cémentite Fe^C, laquelle est attaquée par les acides concentrés, mais est insoluble dans les acides dilués et froids ;
2° Le carbone de trempe, lequel est en solution dans le fer soit à Tétat libre, soit à Tétat de combinaison. Les acides azotique et chlorhydrique le transforment en hydrocarbures gazeux; l'acide azotique le sépare sous forme d'un dépôt noir, qui, d'ailleurs, se dissout rapidement et colore la liqueur enbrun;
S"" Le graphite, ou carbone libre, qui est inattaquable aux acides môme concentrés, mais qui peut être soit cristallisé, soit amorphe.
Dans le premier cas, on l'appelle plus généralement graphite; dans le second, plus souvent carbone graphitique. D'autres études ont été faites, très nombreuses, d'ailleurs, pour définir les états sous lesquels se trouvent les produits autres que le fer et le carbone dans les produits sidérurgiques; nous