‹ Étude Zootechnique de Quelques Échantillons de Laine Provenant d'Afrique Occidentale FrançaiseChapitre 14 sur 17 · NE EN · texte numérisé non relu

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ce ; il sera à la base des croisements. En effet, « la laine n'est qu'un bourre animal, un poil naturel perfectionné par l’art zootechnique pour le faire passer de l’état de jarre à celui de duvet propre à tous les usages industriels ». Cette assertion s’est vérifiée, puisque nous avons vu que certains brins Algériens- Macina ont de la finesse et ont perdu leur canal médullaire.

Il n'y a lieu ici que de faire de la sélection, sélection pour les croisements, sélection encore pour conserver, ou plutôt créer un troupeau indigène homogène, produisant une laine relativement fine dont il est consommé sur place de grosses quantités par l’industrie des noirs (tapis, couvertures, etc...).

On a importé, nous l'avons vu, pour faire des croisements, des Mérinos Algériens et du Cap.

Des Mérinos Algériens vivent depuis dix ans en À. O. F. sans qu'il y ait eu de rafraîchissement de sang : ils ont conservé tous leurs caractères et leur fécondité, et leur rusticité est égale, sinon supérieure, à celle du Macina. Leur laine est d'assez bonne qualité.

La méthode à préconiser ici, ce n’est pas l'importation en masse, mais le croisement continu. Les demi-sang donnent en général une laine mauvaise, et il faut arriver au moins à la quatrième génération pour que les métis obtenus aient des qualités lainiè-

res suffisantes pour. être employés comme reproduc-

teurs ; aussi, ne faudra-t-il pas oublier, si l’on veut aboutir, de câstrer tous les béliers qui ne présente-

raicnit pas dé réelles qualités.

C’est une méhode qui demande du temps, puisqu'on estime qu'il faut dix ans pour influencer de cette manière la production économique de la laine, mais nous n'avons pas le choix, et il n’y à pas à hésiter sur ce procédé.

On a également introduit des Mérinos du Cap.

Ces animaux vivent bien en À. O. F., au Nord du 14° degré de latitude : ils peuvent s’acclimater ; mais on a émis des doutes à ce sujet. Jusqu'ici, la laine n’a pas perdu sa finesse et les béliers ont conservé leurs qualités de reproducteurs. De plus, de par les exemples précédents, les anhnaux importés (autruches, porcs...) n'ont modifié en aucune manière leurs plumes ou leurs soies : il n'y a donc aucune raison, 4 priori, pour qu'il n’en soit pas de même chez le mouton.

Ici encore, on ne peut préconiser que le croisement continu : les produits ont donné avec le Macina, dès le premier croisement, une amélioration considérable. Mais il est peut-être possible de faire autrement ; en effet, on a constaté assez souvent un fait qui, s’il se vérifie, contribuera à donner de la vitesse à l'amélioration ; les produits Cap-Macina sont à laine longue, mais il arrive qu'en partant de ces métis à laine longue, on obtienne des animaux à laine courte et fine, caractères qui seraient beaucoup mieux fixés que par le croisement continu.

Ce phénomène a été expliqué par le Mendélisme: le caractère laine longue serait dominant, et le caractère laine courte et fine, dominé ; mais il serait aussi récessif et au cours des croisements, il reparaît dès la

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troisième génération, et il est, cette fois, fixé. On sait, en effet, que d’après les données mendéliennes, un caractère récessif revenu ne donne plus que des récessifs. C’est là un fait sur lequel il y a lieu d'attirer l'attention et qu'il faut étudier et contrôler.

Enfin, pour être complets, nous signalerons les expériences tentées par le D° Voronof en Afrique mèême. Ces expériences impliquent qu'un animal porteur de poils, greffé avec des glandes de sujets porteurs de laine, est susceptible de transmettre à ses descendants les mêmes attributs.

De là, il faudrait conclure que le caractère poil ou laine, est uniquement sous la dépendance des glandes génitales. Or, la castration précoce, avant que la glande ait pu marquer son empreinte, ne semble modifier en rien les toisons : au contraire, le poil semble devenir plus fin.

Il y a donc tout lieu de croire qu'une autre glande n'aurait aucune influence.

Enfin, il faudrait admettre que la sécrétion de la glande greffée annihilerait celle de la glande naturelle — ce qui est à démontrer — et agirait de manière telle sur la sécrétion spermatique que les caractères nouveaux se transmettraient aux générations futures.

Tout ceci doit être accepté, croyons-nous, avec une extrême réserve, et il est plus sage de s'appuyer sur des données qui ont fait leurs preuves et de tenter l'amélioration sur les bases que nous avons exposées plus haut.

Faire des croisements, des greffes même, est

bien, mais ce n'est pas suffisant, car il ne faut pas oublier que « le grand facteur d’acclimatement, c’est le milieu ».

Si l’on veut mener à bien cette vaste entreprise, il faut constituer des réserves alimentaires, sans cela, c'est tout notre troupeau qui risque de périr en cas de diselte, et celles-ci sont fréquentes. On commence, depuis quelques années, à acheter aux indigènes des denrées (paille de blé, tiges de mil, etc...) qu'on utilise en cas de besoin. Nous croyons savoir aussi qu'on fait maintenant des fourrages artificiels qui ont parfaitement bien réussi ; les moutons sont maintenant abreuvés avec de l’eau de puits : il n’y a qu’à continuer dans ce sens.

Enfin, il faut compter aussi avec l'élément pathologique : les maladies microbiennes et surtout parasilaires sont très nombreuses et ont fait des ravages considérables. Elles sont maintenant assez bien connues, et l’on peut lutter contre elles.

À ce sujet, il faut montrer une extrême réserve dans l'introduction du Mérinos du Cap dont plusieurs envois ont péri en presque totalité : c'est pourquoi il faut connaître à fond la géographie médicale des pays d’où l’on tire les reproducteurs, non seulement pour ne pas contaminer les moutons existant déjà, mais aussi pour ne pas implanter de germes nouveaux dans une région indemne.

Aussi serait-il peut-être préférable d’avoir recours à d’autres mérinos qui, croyons-nous, s'acclimateraient aussi bien, et en particulier au Mérinos de la Crau : c'est un animal fort rustique et qui pos-

sède, quant à sa toison, les caractéristiques moyen-

nes suivantes

Ondulations p' ro c"= 6o.

Longueur relative L= 65 Longueur absolue A= 110 *”, Rapport d'allongem'= 59,00.

Résistance moy.= 6 gr. 06.

Diamèilre moyen des cassureS—= 122109:

Surface moyenne de rup-

turc= 408 n° 998.

Résist. au u?— 14 mmgr. 81.

Elongat. p' 10 cM.— 26 4.

Diamètre moyen= 24 y 73.

C’est une bonne laine, seulement un peu moins fine que celle du Mérinos du Cap.

De plus, il ne faut pas oublier que les mérinos améliorés, d’où qu'ils viennent, dérivent avant tout . du Mérinos de Rambouillet. Le Mérinos du Cap n’est donc qu'un article d'exportation qui nous revient et que nous payons fort cher, d’abord parce que les Anglais ne tiennent pas du tout à nous voir élever du mouton en À. O. F., ensuite à cause de notre change.

Dans tous les cas, et pour favoriser l’acclimatement, on pourrait créer des stations intermédiaires où l’on installerait ces Mérinos de la Crau, et dont on pourrait envoyer les produits en À. O. F. comme reproducteurs, reproducteurs qui auraient déjà acquis un certain degré d’acclimatement et une certaine résistance.

En résumé, les résultats obtenus en A. O. F.

sont encourageants, et la chance de succès est d’autant plus grande que les intéressés eux-mêmes, c’està-dire les industriels de Roubaix-Tourcoing s’occupent de la question et exploitent des bergeries sur les mêmes bases et dans le même sens qu’à El-Oua-

ladji.

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