‹ Etudes africaines. Préf. de Guillaume de GreefChapitre 47 sur 84 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

De la constitution d'une classe de travailleurs industriels indigènes

L'ensemble du problème de la main-d'œuvre indigène offre, somme toute, de multiples et inquiétants aspects.

La mortalité et la morbidité sont certes susceptibles d'être réduits, mais la recrue leur offre un terrain trop propice. On pourra, pensons-nous, conjurer le danger encore éloigné de la transformation de la société agricole et pastorale des noirs en un prolétariat anarchique ; on aura raison du péril de la corruption morale et sexuelle. Il reste cependant la possibilité d'un accroissement considérable de l'industrie, qui rendrait plus difficile la défense de la société bantu.

Le gouvernement belge étudie en ce moment l'importation de travailleurs chinois au Katanga. Il faut louer sans réserve cette initiative. Qu'il ne se fasse cependant aucune illusion. La main-d'œuvre chinoise sera une source de graves difficultés : colons et noirs lui feront la guerre, et elle-même, par ses instincts, est perturbatrice de l'ordre ; elle ne peut être pour le Katanga que provisoire.

C'est la grande race bantu qui sera la meilleure collaboratrice du blanc dans sa tâche économique. Il faut la préserver et la préparer à cette mission.

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La formation d'une classe de travailleurs noirs devrait être poursuivie. Elle serait constituée des noirs qui, après avoir accompli plusieurs termes de service chez le blanc et être rentrés pendant trois mois au moins au village après chacun d'eux, manifesteraient la volonté de vivre désormais sur les chantiers européens ; mariés et encore en contact avec la terre par les cultures qu'ils pourraient faire, groupés en grands villages voisins des centres industriels, ils se reproduiraient. Ils fourniraient des travailleurs acclimatés, ce qui réduirait la mortalité et la morbidité ; entraînés et spécialisés, ce qui réduirait les frais généraux des industriels.

Avant que cette classe de travailleurs se soit constituée au Katanga, de nombreuses années s'écouleront encore. Dans l'entretemps le recrutement devrait être limité à un faible pourcentage d'adultes à déterminer par village. Les industries recourront en partie notable à la main-d'œuvre chinoise et rhodésienne ; elles devront peut-être borner leurs entreprises, à moins que le développement des moyens de communication n'élargisse la zone de recrutement.

SECTION IV Des missions.

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