LE TRE
du sac (arc de circonférence de 50 millim.) (1). Sur le secteur mésosalpingien RR', est moulé le pôle libre de l’œuf (arc de circonférence de 14 millim.), L'épaisseur du sac, au niveau du secteur mésosalpingien libre, oscille entre 0 millim. 4 et 4 millim. 16, abstraction faite de la couche musculo-conjonctivo-vasculaire du mésosalpinx. Au niveau des secteurs qui donnent directement attache à l’œuf, l'épaisseur totale de la paroi tubaire, notablement plus faible, oscille entre 0 millim. 05 et 0 millim. 4. Dans la région qui avoisine la rupture, la paroi tubaire n'existe même plus. L'espace intervilleux n’est limité que par de la fibrine dense et des caillots en voie d'organisation.
Et d'abord, quels sont les éléments du placenta ?
Nous les étudierons au niveau du secteur supérieur du sac dans la région où l'œuf non décollé est resté en place. Nous les suivrons du cercle chorial membraneux à la paroi tubairé, sur une épaisseur . de 4 millimètres.
Ce sont d'abord des troncs villeux, longs et épais, émanation directe du chorion ; leur stroma est constitué par du tissu conjonctif très lâche, à éléments cellulaires étoilés, éloignés les uns des autres, bien moins tassés et plus volumineux que dans la mince lame conjonctive du chorion membraneux proprement dit. A la périphérie des troncs villeux courent de nombreux capillaires fœtaux ectasiés, bourrés de globules rouges nucléés. Le revêtement de ces troncs villeux est double, comme celui du chorion. Il est constitué : a) par une assise régulière de cellules cubiques, hautes de 10 y, limitées par une fine membrane d’enveloppe, renfermant un peu de protoplasma très clair, concentré autour d'un noyau ovalaire, prenant bien la coloration, entouré d’une membrane nucléaire et pourvu d'un nucléole (couche cellulaire de Langhans); — b) par une lame plasmodiale superficielle d'épaisseur irrégulière (12 à 14 : en moyenne), colorée en rouge foncé par l’éosine, sans différenciation de limites
(1) Cette étendue ne représente pas la zone d'insertion réelle de l'œuf telle qu'elle se serait présentée dans le sac absolument intact, mais la zone d'insertion de l'œuf partiellement décollé dans le sac distendu par l’apoplexie ovulaire. Les mensurations en longueur et en épaisseur de la paroi tubaire au niveau de la greffe de l'œuf n’ont donc qu'une valeur relative, viciées qu’elles sont par la distension mécanique accidentelle du sac.
cellulaires, semée irrégulièrement de noyaux que l’hématoxyline colore en violet très foncé, presque noir (syncitium).
Sur ces troncs villeux se branchent des villosités plus grèles dont la plupart ne renferment pas de vaisseaux fœtaux. Ces villosités se présentent sur les coupes sous deux aspects : Les unes, coupées perpendiceulairement à leur axe, sont libres dans l’espace sanguimaternel (espace intervilleux à type définitif) ; leur stroma est riche en éléments cellulaires étoilés dont les noyaux ovalaires, peu riches en chromatine, atteignent des dimensions de 10 à 12w; le revétement de ces villosités filles est constitué, comme celui des villosités mères, par deux couches distinctes : couche cellulaire et couche plasmodiale ; mais les éléments de la couche cellulaire sont plus volumineux (15 à 20 y), l'épaisseur de la couche plasmodiale plus grande et plus régulière que sur les gros troncs villeux, Au milieu du tissu conjonctif de la villosité, sont éparses quelques grosses cellules polygonales qui, morphologiquement, ne se distinguent en rien des cellules de la couche de Langhans. — Les autres, coupées obliquement ou longitudinalement, ne sont libres que par une partie de leur circonférence (pl. I, fig. 9 et 10). Sur un point de leur périphérie, le plus souvent du côté de la paroi tubaire, la couche cellulaire de la villosité se continue avec un bloc compact de cellules polyédriques juxtaposées, sur lequel se réfléchit la couche plasmodiale.
Ces blocs cellulaires couvrent entre la lame choriale basale et la paroi du sac une surface beaucoup plus considérable que les villosités proprement dites. On les trouve aussi bien sous le chorion, qu’au niveau de la capsule externe de l'œuf, mais leur nombre et leurs dimensions sont en rapport inverse avec le nombre et le développement des villosités proprement dites.
Ils ne forment pas à la périphérie de l'œuf villeux une couronne complète régulière et compacte : ils sont plus ou moins fragmentés et remaniés par le sang maternel, et se présentent sous des aspects assez variés.
Tantôt le bloc cellulaire est régulièrement fragmenté : il apparaît, alors sur les coupes, sous la forme de sections régulières de colonnes cellulaires pleines franchement limitées par un revêtement plasmodial, et entre lesquelles circule le sang maternel. Les cellules qui le constituent sont polygonales, régulièrement juxtapostes. Par leur volume, les caractères de leur protoplasma, peu abondant, concentré autour du noyau, séparé par une couronne translucide de la fine membrane
d’enveloppe de la cellule; par les caractères de leur noyau, rond ou ovale, volumineux (10 à 12 H), peu riche en chromatine, pourvu d'un nucléole, elles ressemblent aux cellules de la couche cellulaire des petites villosités non vasculaires, avec lesquelles d'ailleurs on les voit, sur les coupes obliques ou longitudinales, se continuer directement. La colonne cellulaire est revêtue par une mince et irrégulière lame plasmodiale ayant les caractères du revétement plasmodial (syncitium) des villosités et se continuant directement avec lui. Quelquefois, en plein centre d’une coupe oblique de colonne cellulaire, apparaissent quelques éléments conjonctifs discrets, pointe avancée du tissu conjonctif fœtal dans le bloc cellulaire (V.pL.IV, et pl. 5fig. 13), refoulant excentriquement les assises de cellules polygonales. Autour de ces colonnes cellulaires dont les éléments sont groupés et orientés d’une façon systématique et régulière essentiellement comparable à la disposition des villosités proprement dites (villosités pleines, non encore envahies par le tissu conjonctivovasculaire fœtal), circule le sang maternel, dans les mêmes conditions topographiques que dans l’espace intervilleux à type définitif. Nous les appellerons colonnes cellulaires prévilleuses,
À côté de ces colonnes cellulaires régulièrement systématisées s’épanouissent des blocs cellulaires, irrégulièrement fragmentés, pour ainsi dire dissociés, dont les éléments se présentent sous des aspects morphologiques très divers, mais se ramenant toujours soit au type cellulaire, soit au type plasmodial. |
Certaines parties de ces blocs cellulaires se distinguent à un faible grossissement des colonnes cellulaires prévilleuses par la moins grande densité de leurs assises cellulaires. Les cellules qui les constituent sont un peu plus volumineuses (15 à 30 uw); la couronne translucide qui sépare la maigre couche protoplasmique périnucléaire de la membrane d’enveloppe de la cellule, est plus large, éclaircissant d'autant l'élément cellulaire.
D'autre part, ces cellules ne sont pas régulièrement tassées et juxtaposées les unes contre les autres : elles sont séparées par des espaces libres polyédriques ou circulaires occupés par une ou plusieurs sphères creusées, vésicules réfringentes, de dimensions à peu près constantes (20 à 30 y), limitées par une fine membrane d'enveloppe, absolument analogue à la membrane d'enveloppe des cellules polygonales claires (1). Ces espaces libres, très irréguliers