MR MES
Ces plaques protoplasmiques vacuolaires se présentent sous des formes très variées : plaques rondes ovalaires (fig. 10), en tricorne (fig. 9), réseau très fin à mailles irrégulières (fig. 14 et 15), gonflées comme celles d’une éponge.
Enfin, à côté de ces masses plasmodiales à Drotaplasme, peu dense et à noyaux clairs (cellules géantes), il en est d’autres libres, et irrégulières, dont les caractères histologiques sont ceux des lames plasmodiales de revêtement des villosités (syncitium) ; la forme de ces plaques plasmodiales à type syncitial est, comme celle des précédentes, très variée (lamelles allongées, masses plus ou moins creusées de vacuoles, etc.).
La topographie de ces divers éléments cellulaires et plasmodiaux par rapport au sang maternel, assez confuse au premier abord, est cependant systématisée. On ne rencontre de globules sanguins maternels que dans les espaces laissés libres entre les plaques plasmodiales multinucléées, ou entre les vésicules réfringentes des blocs cellulaires ; les multiples et irréguliers couloirs dont sont creusés les blocs cellulaires, et dans lesquels a pénétré le sang maternel, sont occupés par des sphères creuses ou par des plaques plasmodiales, celles-ci étalées souvent en revêtement discontinu et irrégulier, isolant du sang maternel les parties pleines des blocs cellulaires (pl. IT, fig. 9 et 10). En ces points de la périphérie de l’œuf, où la forme villeuse n’est pas réalisée (le tissu conjonctif vasculaire fœtal n’ayant pas encore envahi les parties pleines des blocs cellulaires, déjà dissociés par le sang maternel), l'espace sangui-maternel, sans avoir les caractères typiques et réguliers de l’espace intervilleux définitif [circulation dans des espaces limités de toutes parts par un revêtement plasmodial continu (syncitium)|, les à cependant à l’état d’ébauche pour ainsi dire, puisque le sang maternel circule dans des espaces tout semés de masses plasmodiales irrégulières.
Comment se comportent les éléments que nous venons d'étudier au niveau de la paroi tubaire ? Comment, en d’autres termes, est constituée la capsule externe de l’œut ?
Au niveau de l'insertion pariétale de l'œuf, en dehors de la zone de rupture,la capsule externe de l’œuf est constituée essentiellement par une couche irrégulière de cellules et de masses protoplasmiques multinucléées, semblables à celles des blocs cellulaires
de l'espace intervilleux, mais dissociées par des travées plus ou moins épaisses de fibrine dense. Elle est en rapport, d'une part avec les colonnes cellulaires prévilleuses et les blocs cellulaires, qui les précèdent; et d’autre part, avec la paroi musculo-conjonctivo-vasculaire du sac tubaire.
Elle apparaît (fig. 11, 12, 13, 14, 15) comme une nappe régulière de cellules claires reparties en 5 ou 6 assises sur une épaisseur maxima de 300 w. Cette épaisseur est d’ailleurs très variable : elle oscille entre 24 et 300 &. Le plus grand nombre des éléments cellulaires répond au type suivant : ce sont des cellules volumineuses (25 u), limitées par une fine membrane d’enveloppe, polygonale ou ronde; leur protoplasma, peu abondant, concentré autour du noyau, est séparé de la membrane d’enveloppe par une zone claire, translucide, réfringente; leur noyau rond ou ovale, assez volumineux (10 à 15 p), clair, est pourvu d'une membrane nucléaire et d’un nucléole. Au milieu de ces cellules sont disséminées de grosses cellules (35 à 40 u), à protoplasma finement grenu et à gros noyau clair, des masses plasmodiales à noyaux multiples clairs, éléments dont les caractères morphologiques sont identiques à ceux des « cellules géantes » des blocs cellulaires de l’espace sangui-maternel du placenta. Tous ces éléments ne sont pas immédiatement juxtaposés ; ils sont souvent séparés par une substance intercellulaire homogène, prenant fortement la coloration, se teintant en rouge foncé par l’éosine, en rouge vif par la fuchsine picriquée. Ces travées de fibrine dense apparaissent comme un fin réseau emprisonnant les éléments cellulaires de la capsule externe de l'œuf.
Cette nappe capsulaire compacte est en continuité directe avec les colonnes et les blocs cellulaires de l’espace intervilleux. Ici (pl. IV, fig. 11) ce sont des colonnes pleines ou partiellement envahies par le tissu conjonctif fœtal (villosités) dont les éléments cellulaires, d'abord tassés les uns contre les autres, s’éparpillent en assises moins denses, qui, simplement étalées à la périphérie de l'œuf, et dissociées par les travées de fibrine, forment la capsule externe de l'œuf. Quant au revêtement plasmodial de ces villosités et des colonnes cellulaires pleines prévilleuses, il se continue directement à la surface interne de la nappe capsulaire qui est toute semée de lames et de masses plasmodiales multinucléées à type syncitial.