ACTE I
ULYSSE, regkt^xai tTec ^œoUoo*
Mon fils!
TÉLÉUAQUB.
Pourquoi parais-tu si troublé?
ULYSSE
Vous n’oubliez donc pas votre père exilé?
TBLÉHAQUB.
Moi ! — J’y songe sans cesse, et je brûle d’envie De voir ce chef illustre à qui je dois la vie.
Je me le représente éclatant , radieux,
L’œil fier, le front serein , enfin semblable aux Dieux. Que je voudrais toucher cette main redoutée,
Entendre cette voix , des sages écoutée,
Pratiquer ses leçons, et, digne de son sang,
. Exercer devant lui mon courage naissant!
— Je viens de le chercher; des bords du Cyparisse Aux bords de TEurotas, je demandais Ulysse;
Mais, hélas! vainement j’ai traversé les flots.
Et vu Lacédémone et visité Pylos.
ULYSSE
Vous l’aimez donc beaucoup?
TÉLÉMAQUE
Tu ne réfléchis guère.
Vieillard; est-ce qu’un fils peut n’aimer pas son père?
ULYSSE
Vous ne l’avez pas vu ; vous étiez tout petit,
-180 ULYSSE. '
Si je calcule bien, quand Ulysse partit.
TÉLÉMAQUE
Je ne le connais pas; mais je connais sa gloire ;
Le monde a retenti du bruit de son histoire.
ULYSSE
Seriez-vous bien content de l’embrasser?
TÉLÉMAQUE
Ah ! Dieux !
ULYSSE
Embrassc-le, mon fils; il est devant tes yeux.
TÉLÉMAQUE, reculant.
Vous! mon père! — Qui! vous, pauvreetcourbé par l'Age' ULYSSE.
Minerve a transformé mon port et mon visage.
TÉLÉMAQUE
Que dis-tu là , vieillard ?
Oui. Minerve a permis Que ce déguisement trompât mes ennemis.
TÉLÉMAQUE
Mais qui m'assurera que vous êtes Ulysse?
ULYSSE
O Déesse Pallas! c’est un trop grand supplice.
Voir mon fils, et ne pas le serrer dans mes bras!
— Ou rends-moi ma figure, ou parle-lui, Pallas!