ACTE II
Je voudrais enlaidir du jour au lendemain ,
Pour éloigner de moi ceux qui cherchent ma main. Malheureuse! voilà ma toile terminée.
Comment retarderai-je encor cet hyménée?
— Il manque un dernier point. — Déjà prise trois fois, Mon aiguille s arrête et tombe de mes doigts.
Maudit soit l’ouvrier qui te fit si solide!
Que ne t’es-tu brisée, aiguille trop rapide!
Et toi, voile fatal, tout mouillé de mes pleurs.
Que n’ont-ils en tombant dévoré tes couleurs!
LE CHOEUR '
La jeune fille tout émue
Sent battre son cœur sous sa main,
Son cœur que doucement remue L’approche du premier hymen.
Pensive, et la tète inclinée Sm- son coude nonchalamment.
Elle songe aux chants d’hyménée Qui la troublent en la charmant.
Elle voit la bruyante escorte Qui l’accompagne jusqu’au seuil.
Où l’époux glorieux l’emporte I Rouge et confuse, avec orgueil.
Chose mystérieuse et neuve.
L’hymen aux vierges parait doux;
— Mais il est triste , quand la veuve Prend à regret un autre époux.
t* Parlé| et dit par Eurynomo.
ULYSSE
PÉNÉLOPE
Triste, en effet ! la mort me semble préférable.
LE CHOEUR *
levons plains, et j’invoque un Dieu plus favorable.
PÉNÉLOPE
Non; je n’espère plus dans les Dieux ennemis.
LE CHOEUR
Jusqu’au dernier moment quelque espoir est permis.
PÉNÉLOPE , secouant la tOt« d'un air de doute.
Hélas!