ChantZ
ULYSSE
Mariez-vous ; prenez un époux jeune et beau.
Ulysse est mort. — On dit qu’on a vu son tombeau.
PÉNÉLOPE
N’importe! s’il est mort, je me garde à sa cendre.
ULYSSE
Tout à l’heure pourtant vous sembliez vous rendre.
PÉNÉLOPE
C’était pour les tromper et pour gagner du temps ;
Car j’évite avèc soin des refus irritants.
Sans défense, et n’ayant d’autre arme que la ruse.
Je feins de consentir, puis j’invente une excuse.
— Mais je suis résolue à ne jamais céder.
• ULYSSE
Noble femme I vraiment, j’aime à vous regarder.
C’est beau de vous voir, faible , à vous même réduite, De cent chefs réunis éludant la poursuite,
Apaisant leur colère, amusant leur ardeur.
Victorieuse enfin par la seule pudeur !
PÉNÉLOPE
Hélas ! je suis au bout de tous mes stratagèmes.
ULYSSE
J’en trouve un que les Dieux me suggèrent eux-mêmes.
— Ulysse, — ce propos me revient aujourd’hui, —
M’a parlé d’un grand arc qu’il a laissé chez lui ,
Lequel était si raide et difficile à tendre ,
Que nul autre que lui ne pouvait y prétendre.