DISPOSITIONS MATÉRIELLES
La Bible de Clermont est un volume f;rand in-f°, dont les pages mesurent o"^5i(j de longueur sur o'"35 de largeur. Sa reliure est formée de deux ais qui ont un centimètre d'épaisseur et qui étaient recouverts d'une peau de truie. Les plats étaient ornés de médaillons de métal, dont les traces sont encore très distinctes; un des clous de cuivre qui servaient à les fixer existe encore. Il y avait 6 grands médaillons (4 dans la longueur, 2 dans la largeur) et 5 médaillons plus petits (4 aux angles et un au centre). La reliure actuelle de la Bible de Souvigny a été restaurée en i833, mais elle a gardé une partie des médaillons découpés à jour et des plaques qui ornaient l'ancienne reliure (Jig- g)- La décoration extérieure des deux Bibles était donc la même.
Mais, tandis que la Bible de Souvigny est complète et renferme tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, celle de Clermont constitue seulement le deuxième tome d'une Bible complète. Son texte commence au livre des Psaumes pour se terminer aux Epîtres de saint Paul ; en outre, des feuillets ont été arrachés à la fin. Le caractère archaïque de la reliure montre que sa disposition a toujours été la même; il existait donc un premier tome qui comprenait FOctateuque, les Rois et les Prophètes et dont la trace est aujourd'hui perdue. La Bible de Souvigny, au contraire, a toujours été reliée en un seul volume, ainsi que l'atteste le « Catalogue de la bibliothèque des ci-devant bénédictins de Souvignv », dressé en 1790 (i ).
Ce deuxième tome de la Bible de Clermont comprend 5o8 pages de parchemin divisées en deux colonnes (2), de o"^ 37 de longueur sur o'" 10 de largeur. La Bible de Souvigny se compose de 392 feuillets ou 784 pages. Les Psaumes commencent dans cette Bible au f" 2i-5 (ou à la page 43o). Pour la même étendue de texte, du début des Psaumes à la fin du
(i) Communique par M. Maquet.
(2) Les feuillets ont été paginés.
Nouveau Testament, la Bible de Clermont a donc 5o8 paf^es (et encore la (in manque), tandis que la Bible de Souvigny n'en a que 354- Ce compte suffit à montrer que la Bible de Clermont devait former, quand elle était complète, un ouvrage plus considérable que celle de Souvignv. 11 suHît, d'ailleurs, de feuilleter les deux Bibles, pour découvrir la cause de cet écart. Ce n'est pas que la Bible de Clermont rt-nferme un nombre plus considérable de miniatures : cet avantage appartient plutôt à la Bible de Souvign^■ qui, outre les grandes initiales, offre de grandes compositions divisées en plusieurs registres. C'est à la disposition du texte qu'est duc cette divergence. Celui de Souvigny est rempli d'abréviations : elles sont relativement rares dans le manuscrit de Clermont, Voici, à titre d'exemple, la transcription comparée du début du livre de Judith : le texte qui occupe 9 lignes dans la Bible de Souvign\' en a 12 dans celle de Clermont.