‹ Études critiques sur Properce et ses élégiesChapitre 29 sur 200 · I. - EDITIONS PRINCEPS, REGIENSIS, ALDINES · texte numérisé non relu

I. - EDITIONS PRINCEPS, REGIENSIS, ALDINES

BEROALDO

C'est en 147^, ù Venise, que parut l'édition 'princeps des Élégies de Properce. Une autre édition ayant paru la môme année dans la même ville, il en est résulté une confusion qui a trompé Heyne, Barth et l'auteur de l'édition Bipontine. Ils attribuent la priorité à une édition in-f" ou in-4° major qui contenait les œuvres de Catulle, celles de Tibulle, colles de Properce et les Silves de Stace. Leur opinion est généralement admise ; cependant Iluscklie, dans son édition de Tibulle, a démontré qu'elle reposait sur une erreur*. Il signale l'existence d'une édition de Properce in-4° minor, imprimée au mois de février \^1^ ; il l'avait vue chez Laurent Santen, dont l'exemplaire ne contenait que Properce ; pourtant Tibulle, et peut-être Catulle, avait dû paraître avec Properce. C'est bien cette édition que Volpi eut entre les mains '■^. Il prétend qu'elle reproduit avec une fidélité

1. I.-G. Huschkc, Tïb.carm.i. I, Prœf.,^. G,ciCalalog. edit., p. 37 sqq.

2. Volpi, douxicmc édit. de Tibulle, Padouc, 18-49, De vit. Tib., p. 20: « In hac editione Propertius eliam primum lypis excusiis est. »

parfaite le texte des anciecs manuscrits. Ceci est de peu d'intérêt : les éditions de cette époque n'ont de valeur que lorsqu'elles représentent un bon manuscrit perdu ; tel n'est point le cas pour celles de Properce. En général, et c'est ce qui est arrivé pour notre auteur, on prenait le premier manuscrit qui tombait sous la main ; en avait-on plusieurs, on préférait presque toujours les mieux écrits, grave erreur, les mieux écrits étant aussi d'ordinaire les plus récents et par conséquent les plus corrompus; ou bien encore, sans avoir, au préalable, cherché à établir la valeur comparative de ces manuscrits, on mêlait arbitrairement des leçons de l'un et de l'autre, et l'on introduisait dans le texte ses propres conjectures \

Aussi ne faut-il pas trop se préoccuper des éditions de Properce de la fm du quinzième siècle, pas même de l'édition de Reggio'^, Edilio Regiensis, publiée en 1481 qui découlait, paraît-il, d'un manuscrit passable, et dont Ilertzberg, dans son édition critique de Properce (1843, 1845), donne encore de temps à autre les variantes. Voici à quelles circonstances l'édition de Reggio dut sa longue réputation. Un exemplaire avait été annoté en 1502 par François Pucci,qui, pour ses corrections, se servait du vieux manuscrit de Bern.Valla, bientôt perdu. Les notes de Pucci, qui furent plus tard transcrites presque entièrement sur un exemplaire de TAldine de 1515 par un certain Antonius Perrejus ', jouirent pendant

1. M. E. Benoisl a développé ces idées, à propos des premières éditions d'Horace, dans sa leçon du 9 décembre 1880.

"2. Reggio près de Modène. — Tib. Cal. Prop., cumeor. vila, opéra.

3. Ant. Perrejus n'est pas autrement connu. Cf. Burmann, Prop. El., Prœf. Santen., p. 6 : « Quisfuerlt ille Anlonius Perrejus, aut unde domo, cum nec Ileinsius, nec Broukhusius, nec noster Durmannus, viri in historia Italorum lUeraria versalissimi, cognoverinl, erjo quœrere supersedeo. »

longtemps d'une grande aiUorilé. Ce fut Keil * qui leur enleva décidément un crédit qu'elles ne méritaient point. 11 remarqua que Pucci, en même temps que le manuscrit de Bern. Valla, avait sous les yeux les commentaires de Beroaldo et de Calderino, et qu'il introduisait dans ses notes des conjectures personnelles ou autres, de sorte que très souvent il est impossible de connaître la soui'ce, et par conséquent la valeur de ces leçons. De plus, Anlonius Perrejus, qui nous les a transmises en partie, avait lui-même entre les mains des manuscrits interpolés; de là une série d'incertitudes et de complications qui, au point de vue diplomatique, doivent faire rejeter les corrections de Pucci. Elles ne conservent d'intérêt que dans le domaine delà conjecture.

Il faut nommer ensuite l'édition publiée à Vicence la même année (1481)^, celle de Yolscus (Rome, 14-82, réimprimée à Venise en 1487)\ celle qui parut à Brescia en 1485. L'édition de Beroaldo, qui fut imprimée pour la première fois à Bologne en 1487* et réimprimée successivement à Venise en 1491 '% 14-93, 1494 et 1500, vaut mieux que les éditions antérieures ; toutefois il me semble que Hertzberg^ s'en est exagéré la valeur. Parmi les passages qu'il prétend restitués par Beroaldo, le texte dans les deux premiers (I, 15, 38 et II, 3, 22) demeure douteux, et dans le troisième (II, 24, 38), le non ita vient de Pontano, et non de Beroaldo'. Des six autres conjectures.

1. H. Keil, Observ. crit. in Prop., p. 22 sq. et Prop. EL, Prœf., p. 4.

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