Voy. plus loin, l'Étude sur le nom de Properce
Properce correspondant*. Ces sortes d'erreurs trahissent de suite une information insuffisante.
Mais il serait injuste de ne pas louer la conscience avec laquelle est rédigé le commentaire placé au bas des pages. M. Paley n'élude pas les difficultés ; il donne des renseignements critiques, des discussions de sens, des explications mythologiques, des rapprochements avec d'autres auteurs latins et grecs. On trouve dans la préface (p. 8 et 9) des observations intéressantes et justes sur la métrique. Cette édition témoigne de moins de fermeté et de suite dans les idées que notre Properce de Lemaire; mais les notes y sont beaucoup mieux conçues, dans un sens philologique, et mieux remplies. D'ailleurs elle est plus récente, ce qui est un avantage pour les travaux d'ordre scientifique.
Vestigia... ausus deserere^, écrit M. D. Carutti sur la première page de son édition publiée à La Haye en 1869 avec ce titre : Sex. Aiirelii Propertii Cynthia cum libro quarto Elegiarum qui Propertii nomine fertur. — Editio novum in ordinem digesta.
En disposant les élégies dans un ordre différent de celui des manuscrits, M. Carutti a montré moins d'audace qu'il ne le croit, puisque Gruppe, que nous connaissons, et dont M. Carutti paraît ignorer la tentative, l'avait précédé dans ce genre d'exercice. Mais au moins Gruppe mettait au service d'une conception arbitraire une méthode ingénieuse et serrée ; la méthode de M. Carutti est le plus souvent puérile. Ainsi, parce qu'on lit III, 20,
1. On sait que la collection Teubner se renouvelle sans cesse; le Catulle, Tibulle et Properce de M. L. Millier y a pris aujourd'hui la place du Catulle et du Tibulle de Rossbach, et du Properce de Kcil.
-2. Et p. 23 de la Dissertatio (qui se trouve en tête de son édition : ■ Ausus deserere manuscripta vestigia... »
13 nox mihi prima venit^ l'éditeur hollandais fait, de III, 20, 13-30 la troisième élégie de son premier livre ; et comme Properce II, 15 raconte une nuit de volupté, il faut que ce soit la première nuit, la prima nox déjà célébrée dans l'élégie précédente, et II, 15 devient 1,4. Voici du reste un tableau qui peut donner une idée des transpositions de M. Carutti ^ :