Paldam, Prop. Carm.y Prœf.^ p. 21 sq
2. Dans son livre Rômische Erotik, de cinq ans postérieur à son édition, il semble s'être fait sur le rôle de Lachmann une opinion plus nette : il est vrai que l'édition des Élégiaques, donnée par Lachmann en 1829 et dont je parle plus loin, avait paru dans l'intervalle et c'est elle, non l'édition de Properce de 1816, que Paldam appelle « la première solidement paléograpliique depuis Scaliger » (Rom. Erot., p. 34, note 35).
3. Je ne veux pas dire qu'il soit toujours sans intérêt d'indiquer les leçons de ces éditions: loin de là; mais il ne faut pas y voir une autorité.
A. Lachmann, dans cette édition de 1829 (p. 1, à la note explicative des sigles), dit qu'il a suivi surtout la récension de Fr. Jacob et la qualifie d'excellente : « Opthnœ Frid. Jacobi recensioni , . . » Est-il vraisemblable comme le veut M. Lucien Miiller (Cat. Zifc., Prœ/*.,p. 6), que Lachmann se soit prononcé de cette manière en tête de son livre, dans la seule note qu'il contienne, « par ironie socratique » ou « par urbanité lucilicnne » ? L'antipathie de M. L. Miiller pour Fr. Jacob égare son jugement.
5. On voit que Lachmann renonçait au Menlclianus, aux deux Palitini, au Bononiensis et au Guarnerianus dont il tenait nu certain compte dans son édition de 1816. Voy. Prop. Carm., 1816, Prœf., p. 11.
abord on ne se défend point d'une certaine surprise : on a peine à concevoir que, même à treize ans de distance, un éditeur se déjuge à ce point. Dans l'édition de 1816, les conjectures se multiplient ; dans l'édition de 1829, la leçon des manuscrits est reproduite presque avec servilité ; des passages, contenant manifestement des erreurs de copiste, sont laissés intacts. D'où venait ce changement absolu de méthode ? A quelle raison Laclimann obéissaitil? Il ne s'en est expliqué nulle part, de sorte que nous sommes réduits aux hypothèses. M. L. Mùller* a pensé avec beaucoup de vraisemblance queLachmann, en 1829, avait voulu éditer les œuvFes de Catulle, de Tibulle et de Properce ^ non telles qu'ils les avaient publiées ou composées eux-mêmes, mais telles ou à peu près, que les meilleurs manuscrits nous les ont transmises ; qu'il se proposait, non de reslituer leurs poèmes tels que les anciens avaient dû les connaître, mais de constater l'état dans lequel ces poèmes étaient parvenus aux modernes. Hertzberg^, tout en disant qu'il ne comprenait rien du|tout au dessein de Lachmann, avait cependant indiqué cette explication : le plus sûr, disait-il, est de penser que l'éditeur a voulu faire voir, de plus près qu'en 1816, quelle était la condition des meilleurs manuscrits. M. L. MûUer a eu raison d'affirmer ce que Uertzberg hésitait à croire. Mais ni Hertzberg ni lui n'ont eu l'idée de se demander pourquoi Lachmann s'était proposé un but si nouveau. Il me paraît cependant qu'on peut en soupçon-