‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 70 sur 192 · FiiTstenau, Ottvr. cUé, p · texte numérisé non relu

FiiTstenau, Ottvr. cUé, p

2. HerUb., Prop. EL T. U Quœit.,^, 214: t Paldamus auiem (de Eroticc. Romm,,^, 71) nescio quo modo Scaligeri verbi niliil certi hic affirmantii {Coitigg, in Prop.j p. \9Î) in suum tuum conversii Propertium id 9olum velle ait, ut tantum $ibi temporis reitet, quo possit treê libroi componere. *

lOi. ÉTUDES SUR PROPKRCE:

livré*. > Laissons de côté Terreur de Paldam relative à Scaliger, signalée plus haut : y a-t-il dans cette phrase autre chose que l'opinion de Beroaldo et de Passerai? à savoir que Properce avait le désir et l'intention de porter à trois le nombre de ses livres sur Cynthie ?

Cette opinion est de toutes la plus sensée et la plus vraisemblable. M. Faltin l'a, mieux que personne, mise en lumière : « Comment ces mots {sat mea, $at magna esl^ etc.) peuvent-ils être interprétés en ce sens que, lors de leur composition ou de leur publication, deux livres déjà dussent exister ? Je n'y vois rien de plus que le désir de porter à trois le nombre de ses livres de poésies*. » Il faut ajouter que le tour essentiellement conditionnel : si très sint libellij donne raison à M. Faltin. Les partisans de la division en cinq livres citent ce passage comme s'il voulait dire : « Ce m'est un assez beau cortège d'avoir trois livres d'Élégies », etc. Mais ce n'est pas ce qu'a dit le poète ; il a dit : « Ce m'est un assez beau cortège si j'ai trois livres », etc. Il y a là un désir et un doute. J'observe enfin que rien n'est plus naturel chez Properce que ce désir dans sa précision artistique ; rien n'est plus conforme à la nature de son esprit, qui dut être prévoyant et calculateur.

A côté de cette explication, il y en a une autre admissible, ou tout au moins assez curieuse pour mériter que Ton s'y arrête. C'est M. Richard Voigt qui nous la fournit dans un

i. Paldam, Rômische Eroliky p. 71 : « Ich denke, dass Scaliger am einfachslen und richtigsten, und âhnlich vor ihm schon Beroald» dièse Stelleso erkiârt» der Dichter wiinsche noch eins zu vollenden. » Et Prop. Carm.f Prœf., p. 24 : « Quid igitur mirum, si poetùy in componendo II libro occupatuSf unius tantum perfectionem petit ? »

2. Prof. Dr. Faltin, Zur Propenkritiky Eisenberg, 1876, p. 19.

dêveloppemenl très net * • Je regrette seulement que M . Voigt n*ait pas jugé à propos de nommer C.F-.-A. Nobbe et d'indiquer, fût-ce en passant, la brochure, aujourd'hui bien oubliée» que Nobbe publia à Leipzig en 1818, Observationum in Propertii carmina spécimen. Que M. Voîgt ait corrigé et renouvelé l'argumentation de Nobbe, qu'il Tait présentée d'une manière plus large et plus heureuse, cela n'empêche pas qu'elle n^appartienne en partie à Nobbe, et il eût peut-être été bien de m pas le laisser ignorer.

En tout cas, voici comment M. Voigt présente la question.

Très libelli ne veut pas dire « trois livres,».

a) Libellus.

Brunér' avait déjà remarqué « que Properce, qui emploie cinq fois le mot libelluSy ne le fait nulle part dans le sens de liber, c'est-à-dire réunion en un seul volume d'un certain nombre d*élégies; que, à coup sûr, il n'est nulle part nécessaire de lui donner ce sens, mais qu'il y a même des cas où en aucune façon il ne peut l'avoir » .

Ignosces igitar siquid tibi triste libelli Attulerint nostri : culpa timoris erit.

Ces vers se trouvant dans le premier livre, libelli nostri ne peut pas signifier « nos livres d'élégies » ; il est hors de doute que cela veut dire a nos Élégies, nos écrits ».

1. De quarto Prop, libro Mag, Rich. ,VoigtiiiSf Helsinforsiae,'1872» p. 3-17.

2. Brunér, De ordine et temporibus carmin. Catull. In Act. soc. scient, Fennicœy t. VU, p. 60a.

ForUmâla meo skpu esl eelebrati UèeUof Canmoa emnt hmm toc monuMiila iJam.

Dans le pentamètre, Properce dit : c Mes chants, mes élégies seront autant de monuments de ta beauté i ; autrement : c Chacune de mes élégies sufBra pour faire con* naître la beauté. » L'hexamètre ne peut donc rien signifier autre chose que : c Heureuse celle qui a été célébrée dans une pièce écrite par moi ! > et non c dans un livre. »

Voilà deux cas où il est impossible de donner à libeUus le sens de « livre ». — En voici deux autres où cela paraît difficile :

I qoœso et tristis istos compone libeUos Et cane quod qusevis nosse puella velit.

Uta meis âet notissima forma HbelliSt Calve tua venia, pace Catulle tua.

Enfin le cinquième vers dans lequel Properce emploie le mot libelliis est précisément celui qui nous occupe : sat mea^ sut magna est. . ,

Quand il a voulu dire « livres d'élégies i^, il a choisi le mot liber :

Et turpis de le jam liber alter erit.

II, 24, i Tu loqueris cum sis jam noto fabula libro^.

1. Ce vers esl-il bien de Properce? Voy. plus loin, Interpolations.

DK LA DIVISION EN LIVRDS. 107-

Dans deux autres endroits, liber a peut-être le sens de lihellus^ :

Unde meus veniat mollis in ora liber,

IV, 7, 50 Longa mea in /t dn^.regna fuere tuis.

Ainsi, dajis la langue de Properce, si liber peut prendre le sens de libellus, les quatre citations précédentes montrent que la réciproque n'est pas vraie ^

b) Très.

L'usage du nombre ternaire est le même chez Properce que chez la plupart des écrivains latins^ Ce nombre s'emploie de trois manières :

l** Pour indiquer que les objets daignés sont en réalité au nombre de trois : Prop. II, 13, 44 et 46. III, 41, 35; 15, 7; 18, 23. IV, 8, 35 ; 9, 10 et 15; 10, 2 et 45.

• 2* Gomme nombre sacré ^: Prop. III, 10, 4. IV, 6, 30; 8, 86. Il semble que l'on doit rattacher à cette catégorie III, 1 , 28 Heclora per campos ter maculasse rotas.

1. Je ne le pense pas pour ma part; je crois que liber a, dans ces deux passages, un sens toul à fait général et ne veut dire ni pièce de vers ni lipre dans le sens spépial où nous le prenons ici, mais plutôt ouvrage.

2. Voy. en sens contraire, sur la signifleation du mot libellun en général, Th. Birt, Das antike Buchwesen, Berlin, 188:^, p. tt sq, et sur le cas particulier qui nous occupe, môme ouvrage, p. 420, à in note. M. Birt croit que libellùM veut dire livre, un livre de poèmes; cependant il commence par établir que, dans le sens propre» ce mot désignait de petits écrits de différents genres : une demande en justice, une supplique, une publication par voie d*afflcbo ou de distribution. Logiquement on doit en conclure, à rencontre de M. Birt, qu*il pouvait désigner une pièce de vers, répandue dans le public ou communiquée à la personne qu'elle concernait. Je persiste -à croire qu*au moins dans Tinterprétation des pas* sages de Properce, c*e8t M. Yoigt qui a raison.

3. C'est cette signification que M. Cari Brandt {Quœst, Prop., p. 24) attribue à très dans notre vers. '

S' Poor dire 4 as petit Booibre, qvdqves, pla-

l 16, 13 H» nik ièr fnfiteie«f«r ll,g,3!*5octibaateiacnilffrhrîiMTil€r

m, 7, 6 Ofarvis iasuo ttrfme ftf rf< —ri, Ul, li, 15 Ta- fmaUr in casta lèiii • PtatiBe Gallt. IV, 6, 75 Ttrfug lavet im^sIrs sfîcm dlissm I¥, 10, âS5MMnlHi et capt» jafcrm ié

Diaprés ces exemples, pouniaoi le distique mI imea^sat magna esiy ne Toudrait-il pas dire : c Ce m'est assez, ce m*est uo assez beao cortège, si j'ai quelques élégies que je puisse offrir, doo précieux, à Perséphoue. »

Telle est rargumentatioo de M. Yoigt. Je la trouve ac* ceptable ; mais celle de Beroaldo, de Fasserat, de Paldiun et de M, Faltin me paraît, somme toute, plus naturelle et plus juste : c'est elle que j'adopte.

Troisième argument. L'élégie II, iO ne peut être placée qu'en tête d'un livre dédié à Auguste; avec elle, par conséquent, il convient de commencer un nouveau livre.

La nécessité de placer cette élégie en tète d'un livre dédié à Auguste n'avait encore fi-appé personne ; mais il fallait bien que Lachmann trouvât où opérer la division qu'il avait imaginée. Or, non seulement il n'y a pas nécessité que cette élégie commence le livre en tête duquel Lachmann l'a placée : bien plus, il y a absurdité, impossibilité. « Lachmann, écrit GruppeS n'a pas remarqué qu'une élégie, dont le développement est d'une manière évidente tout militaire, ne pouvait servir de prélude à un

i. Gruppe, Die Rom. Eleg., t. I, p. 275.

livre ou les élégies ne sonl pas moins amoureuses que dans les autres livres. ïi Et M. Heimreich* : t Qu'arrivet-il en effet ? C'est d'un chant où le poète ne parle de rien autre chose que de se consacrer à célébrer Auguste, que nous allons faire le premier d'un livre où il ne célèbre que la beauté deCynthîe? » Cette inconséquence n'avait pas échappé à Hertzberg*; M. Beehrens^ également la signale.

Le troisième argument de Lachmann est donc le plus mauvais de tous, celui qui résiste le moins à l'examen.

Il y a mieux : après la réfutation de la division en cinq livres, voici une confirmation de la division en quatre.

On lit dans Noqius (p. 169) au mot Secundure : « Propertius Elegiarum libro III Jam liquidum nautis auta secundat iter », vers qui se lit en effet au livre 111, 21, 14, selon la numération vulgaire, mais que l'on trouve chez Lachmann au livre IV, 21, 14. C'est M. Heimreich qui, le premier, a signalé cet obstacle à la division en cinq livres, bien qu'il approuve celle-ci, tout en opérant la coupure d'une autre manière que Lachmann^; il ne veut rien conclure, dit-il, du passage de Nonius parce qu'il y a souvent des erreurs de chiffres dans les manuscrits ^ Et après lui, M. L. MùUer ° trouve tout simple de

1. Heimreich, (JtMBst. Propert., p. 32.— Voy. aussi Liitjohann, (7omm«niatûme* Prop.,Kiel, 1S69» p.- 78 en note.

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