‹ Études critiques sur Properce et ses élégies: ouvrage contenant le fac-similé de six feuilles duChapitre 82 sur 192 · Fr. Jacob, Prop. Carm.y Adnot., p · texte numérisé non relu

Fr. Jacob, Prop. Carm.y Adnot., p

5. Keil, Observ. critic, in Prop., Bonn., 1843, p. 45, 46. — Dans son texte, Keil ne marque pas de lacune, et il écrit testatur.

128 ÉTUDES SUR PROPERGE.

Dans la même élégie, Gruppe^ conteste Fauthenticité des vers 5-6 et 13-14.

5, 6 Sive illam Cois fulgentem incedere tsoccis

Hoc totum 6 Goa veste volumen erit.

13, 14 Seu uuda erepto mecum luctatur amictu, Tum yero longas condimus Iliadas.

« Par bonheur, ditGruppe,les interpolations (dans cette élégie) sont d'un caractère si grossier, qu'elles se laissent facilement reconnaître. Quelle maladroite exagération, au début, pour le vêtement de Cos: e Coa veste volumen erit ! Le distique où il est question de nudité, de combats, d'Iliades, est également composé dans un goût grossier; il ne s'accorde pas avec l'ensemble du^passage, et il n'est point conforme non plus au respect avec lequel le poète parle à son noble protecteur. Mécène. »

Que dire à des arguments aussi vains, présentés avec une si pleine confiance? J'ai voulu les citer comme un exemple des folies auxquelles on peut se laisser entraîner quand on désire trouver chez un auteur ancien trace d'interpolations et que, pour se prononcer, on s'en réfère uniquement à des questions de goût et de sentiment littéraire. Dans les deux distiques, attaqués par Gruppe, il y a une exagération qui n'est peut-être pas d'un goût très pur, mais elle est tout à fait familière aux poètes amoureux, et elle rentre d'une manière trop exacte dans l'argument de cette élégie pour qu'on puisse y voir une

t»"^. Gruppe, ilfmos, uher dieinterp., p. 512-513.

preuve d'inlerpolalion : « On me demande pourquoi je n'écris que des vers d'amour et pourquoi je ne traite point de sujets épiques ; c'est que ce qui me touche, ce qui m'occupe, ce qui devient pour moi toute une affaire, c'est la robe de Cynthie ; c'est que mes poèmes épiques, mes Iliades, j'en trouve le sujet dans nos luttes amoureuses*. »

Les vers II, 1, 5-6, 13-14 ne doivent pas être contestés à Properce.

1. L*arguinent tiré du manque de respect envers Mécène est simplement ritlicule.

PLEssi?. y

Oê tTTBKS SVm FE^rCBCI.

jElas prima casai Teneres, eitrema tanahvs :

qiaiMlo scripCa paella mea est.

4 Que ia jeuesse chante les volapCes, la Tieillesse les combaL» : je chanterai les guerres puisque j*ai dit ma maîtresse. »

M. Heimreich ^ Yeut supprimer ce distique parce qu'il ne rentre pas bien dans la composition de la pièce, parce qu'il rompt la suite des idées, enfin parce que Properce n'a nulle part employé le mot Venus au pluriel.

Si une pièce est mal composée, concluez-en, jusqu'à preuve du contraire, que l'auteur Ta mal composée ; si un distique rompt la suite des idées, concluez-en que l'auteur a manqué de suite dans les idées, ou tout au plus qu'il y a, soit lacune, soit transposition ; si un mot, qui d'ailleurs est latin, ne se trouve qu'une fois* chez un auteur, concluez-en que l'auteur ne Ta employé qu'une fois ^.

M. Heydenreich a montré que le pluriel Vénères était latin *. 11 en a réuni un certain nombre d'exemples ; mais, à vrai dire, sans beaucoup de critique. A une bonne citation tirée de Catulle 3, 1, qui nous présente le mot Vénères pris dans le même sens qu'ici, il en ajoute quatre

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