‹ Études d'architecture civile, ou, plans, élévations, coupes et détails nécessaires pour élever, distribuer et décorer une maison et ses dépendancesChapitre 6 sur 59 · PLAN DL SOUBASSEMENT · texte numérisé non relu

PLAN DL SOUBASSEMENT

On lit ici la distribution de ce soubassement. Il est à regretter qu'on soit obligé de descendre et d'arriver à la salle de billard par un escalier et un corridor faiblement éclairés. Le programme la placait ainsi, mais on verra ci-après le moyen d'obvier à cet inconvénient.

On a distingué dans ce plan, par des hachures plus espacées, les parties construites en pierre, de celles construites en meulière ou en moellon; et, par des hachures croisées, les parties construites en brique, ainsi que les teintes du dessin l'indiquaient.

Dans notre projet lithographié, le cabinet d'aisance, placé entre l'escalier et la salle du bain, était mal

éclairé; ici nous le supprimons, ainsi que l'ouverture de la fosse, que nous avons reportée sous le gazon.

Les conduites qui, du réservoir, portent l'eau à la cuisine, à la baignoire et à sa chaudière, et à la cuve placée sous l'arcade qui éclaire la salle de bain, sont ponctuées, et les trop pleins, qui se déversent par les bondes de fond, se rendent sur le bord du gazon, où ils produisent la source artificielle mentionnée p£. 1 et 2 et dans leur explication.

Si l'eau des fontaines et des puits était saumâtre ou sulfatée, le caveau placé sous la terrasse du péron pourrait être citerné, pour recevoir l’eau qui tombe sur le versant correspondant du comble; son trop plein et sa bonde de fond auraient leur issue à la source factice; un citerneau formé de pierres filtrantes, derrière le robinet, donnerait l'eau la plus pure.

Le fond de cette citerne serait établi à 19 ou 15 pouces au-dessus du sol du jardin; elle contiendrait au moins une toise cube d'eau, ou sept mille cinq cent soixante pintes, qui seraient renouvelées cinq fois pendant l'année, ce qui suffirait à la consommation alimentaire de vingt-cinq personnes (2).

La distribution des eaux exige une étude spéciale et préalable à la construction des bâtiments, afin de l'établir avec économie et prév oyance, pour que les réparations en soient faciles et n'obligent point à faire des dégâts. Nous offrons ici un avis plutôt qu'un exemple, qui nous écarterait de notre but actuel.

Les eaux de la cuisine se rendent au puisard par un tuyau plongeant dans une cuvette remplie d'eau. Ce moyen, imaginé par Deparcieux, intercepte l'air du puisard; il faut renouvéler l'eau, qui sans cette précaution serait bientôt corrompue.

(1) On peut établir dans cette fosse une cloison filtrante pour diviser Jes’engrais qu’elle contiendra; voyez l'essai sur les Constructions rurales, par M. de Morel Vindé, chez Carilian Gœury.

(2) Le versant du comble couvre 20 toises superficielles; il tombe à Paris 18 pouces de hauteur d’eau, année commune, qui produiront 5 toises cubes. La consommation d'eau est à Paris de 6 pintes par jour et par habitant, y compris toutes pertes aux fon-

taines et le service des jardins; ici nous ne Supposons que 4 pintes d'eau pour la consommation alimentaire: seulement de chaque

personne. On n'évalue pas davantage pour les besoins des forteresses.

On peut, au moyen du ventilateur de Darcet, dissiper l'air méphitique produit par les gaz hydrosulfuré et hy dro-phosporé, contenu dans l'égout qui conduit à la fosse. Ce ventilateur consiste à amener de la voüte de l'égout un conduit ou tuyau, attenant au foyer de la cuisine, pour être échauffé : ce tuyau débouchera dans celui de la cheminée, vers le plafond. Ce procédé est plus efficace que ne le sont les ventouses, qui, de la voûte des fosses, s'élèvent au-dessus des combles, et que l'on trouve in diquées dans les plans de ce pavillon. On peut aussi appliquer ce ventilateur au puisard de la cuisine, mais il ne dispensera pas de la cuvette précédemment indiquée pour l'interception de l'air vicié de ce puisard.

Le mur de la cuisine du côté des terres de la cour serait infailliblement pénétré d'humidité, et c'est ce qu'il faut éviter par un contre-mur, en laissant entre ces murs un espace où l'air puisse circuler et se renouveler par des évents ouverts sur le revers du pavé; mais on préfèrera assainir ce mur par un enduit de mortier de chaux hydraulique, ou par un enduit de bitume minéral de l'Obsann ou de Seyssel.

Si lon voulait échauffer économiquement le vestibule, la cage de l'escalier, et toutes les salles et

chambres de ce pavillon, on pourrait établir dans une partie du bücher l'appareil calorifère de Curaudau, dont on a tiré de grands avantages dans les établissements publics et chez les particuliers. Désarnod a imité le procédé de Curaudau, par un calorifère amovible, en fonte, qui produit un effet semblable à celui qu'on peut obtenir par d'autres inventions; mais dans tous les cas, en construisant ce pavillon, on dispose rit les conduits d'air dilaté de manière à l'amener, sans danger d'incendier les planchers, dans toutes les pièces, où l'on établirait des registres pour le recevoir; et par les mêmes conduits on se procurerait en été un air très frais, provenant du soubassement. Un moyen aussi simple de modifier la température mérite d'être pratiqué dans un pavillon isolé de toute part, comme l'est celui-ci, surtout s'il devait être habité pendant l'hiver.

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