III. LÉPIDOPTÈRES D'ALGÉRIE
S'il est dans tout l’ordre des Lépidoptères une faune dont l'étude soit particulièrement attrayante pour nous, c'est à coup sûr celle de l'Algérie, cette terre barbaresque devenue française par les continuels et héroïques efforts
de notre armée.
Nul autre qu'un Français ne devait, suivant moi, avoir l'honneur de faire connaître les productions naturelles d'une contrée qui s'appelle maintenant la France africaine. Aussi, pénétré de ce devoir et agissant pour la branche des sciences à laquelle je me suis spécialement voué, j'ai commencé par la faune algérienne des Lépidoptères la publication de ces Études d'Entomologie, et deux années plus tard j'ai fait paraître un premier supplément comme suite au travail d'ensemble que j'avais imprimé en juillet
Maintenant je prépare un catalogue méthodique et complet de tous les papillons observés jusqu’à ce jour en Algérie.
Mais avant de livrer cet ouvrage au public, j'éprouve une véritable satisfaction à faire connaître, dans un nouveau supplément à la faune des Lépidoptères algériens, un certain nombre d'espèces nouvelles de papillons pour la plupart récemment découvertes dans notre colonie
transméditerranéenne.
C'est à des membres de l’armée française que je suis redevable de la plus grande partie des documents qui
m'ont servi pour ce travail.
Par l'intermédiaire toujours si obligeant de M. Léon Austaut, de Bellegarde, j'ai reçu beaucoup de papillons récoltés dans l’ouest de l'Algérie par ses frères, M. Édouard Austaut, officier comptable des subsistances militaires à Oran, auteur de la découverte des Syerinthus Austaut, Catocala Oberthüri, Orgya Fosephina, Satyrus Hanst,etc., et M. Arthur Austaut, officier comptable des hôpitaux militaires à Sebdou, qui a puissamment contribué à faire
connaître les Lépidoptères de cette intéressante localité.
Je remercie cordialement ces Messieurs, non seulement d’avoir enrichi ma collection d'espèces nouvelles ou rares, mais aussi d'avoir recueilli une foule de renseignements précis et d'observations excellentes que M. Léon Austaut
a mis le plus amical empressement à me communiquer.
Je dois aussi l’expression publique de ma gratitude à M. le D' Henri Codet, aide-major de première classe et médecin en chef de l'hôpital de Sebdou.
M. Codet est un travailleur infatigable et un naturaliste