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Études d'entomologie

Dans la XX° livraison des Etudes d'Entomologie parue en mai 1896 et traitant de la variation chez les Lépidoptères, j'annonçais (Préface; p. XV et XVT) la publication prochaine de documents relatifs à la variation parallèle dans la même région américaine de deux espèces différentes du genre Heliconia, de la sous-famille des Heliconinæ, dans la tribu des Nymphalidæ de la grande légion des Rhopalocera.

Je reproduis ce que je faisais imprimer à la page XV de la Préface dé la livraison XX ; cette courte notice résumant encore très exactement, me semble-t-il, la question développée

dans cette présente livraison.

« On remarque un curieux parallélisme de variations dans le même pays, entre des » espèces très voisines, par exemple : Helicoma Vesta et Thelxiope.

» Ces deux Heliconia habitent ensemble à la Guyane, au Para, le long du fleuve des » Amazones et en Bolivie.

» Dans la région Guyane-Para, comme dans les régions amazonienne et bolivienne, ces » deux espèces varient exactement de la même façon, bien que l’ordre de variation soit » tout à fait différent et spécial dans chaque région.

» Un caractère distinctif, très net entre les deux espèces Vesta et Thelxiope, se trouve » dans les ailes inférieures ; mais les ailes supérieures sont parfaitement semblables (*).

» De plus, en Guyane et en Bolivie, les deux Heliconia Vesta et Thelxiope se fondent

» dans une forme Melpomene où la distinction devient souvent impossible, tandis qu'aux

(*) Ceci s'applique aux formes des régions amazonienne et bolivienne.

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8 VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

» Amazones, les variations entre ces deux espèces restent parallèles et sans aboutir à un

» point de rencontre comme à la Guyane et en Bolivie. »

Diverses circonstances ont retardé la mise au jour de mon Étude depuis si longtemps projetée, notamment l'obligation de produire des planches coloriées assez nombreuses et assez bien exécutées pour rendre intelligible un fait très intéressant de la variation chez les Lépidoptères. |

Plusieurs naturalistes ont fait connaître, par des figures, diverses formes des Helicoma

qui nous occupent :

Rorsez (Insecten-Belustigung ; Nuremberg, 1761) a figuré (tome IV, pl. III, fig. 6) Melpomene, forme de Thelxiope.

Cramer (Papillons exotiques; Amsterdam, 1779-82) a figuré : (PI. CXIX ; A) Vesta ; (PI. CLXXXVIIT ; À) Cybele, forme de Thelriope ; (PI. CLXXXIX ; À) Erythræa, forme de Vesta ; (PI. CXC; E, F) Callycopis, formes de Vesta; | (PI. CXCI; C) Melpomene forme de Thelxiope ; (PI. CCXCVIT ; A) Andremona, forme de Vesta ; (PI. CCXCVIT; B) Uldarica, forme de Vesta; (PI. CCCL ; E, F) Lucia, forme de Thelxiope.

Hergsr et JABLONSKY (Natursystem aller Insekten; Berlin, 1783-86) se sont bornés à copier Cramer purement et simplement.

Hügner (Sammlung exotischer Schmetterlinge; Augsbourg, 1806) a figuré : (PL 152 (*); 1, 2, 3, 4); Melpomene, forme de Thelæiope ; (PI. 455 ; 1, 2, 3, 4) Vesta (race du Brésil); (PI. 197; 1, 2, 3, 4) Thelxiope ;

(*) Hübner n’a pas numéroté les planches de son ouvrage. Cependant elles ont été publiées et rangées dans un certain ordre, d'où est résulté un numérotage postérieur qui, par la faute de l’auteur, peut varier et manque d'authenticité. |

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Lucas (Histoire naturelle des Lépidoptères exotiques; Paris, 4835) a figuré : (PL. 49) Melpomene forme de Vesta? | | Sepr (Papillons de Surinam ; Amsterdam, 1848) a figuré : (PI. 4) la chenille, la chrysalide et le papillon de Melpomene ; sans qu'il soit possible de savoir si cette Melpomene se rattache à Thelxiope ou à Vesta.

Douscenay et Westrwoop (The genera of diurnal Lepidoptera ; Londres, 1846-50) ont figuré : (PI. XV, 4) Anactorie, forme bolivienne de Vesta. . Mæscacer (Beitræge zur Schmetterlings-Fauna von Surinam, Vienne, 1876) a figuré : (PI. III, 8) funebris, forme de Thelxiope.

SrAUDINGER (Exotische Tagfalter ; Fürth, 1888) a figuré : (PI. 32) Melpomene (sans doute de Colombie ?) Thelxiope; Amor, forme de Vesta ou de Thelxiope? STAUDINGER (ris, Dresden; IX, 1896) a figuré : (PI. VI, IV) Aphrodyte, forme de Vesta?

(Pl. VII, 1) Penelope, forme de Thelxiope ; (PI. VII, 2) Cybelina, forme de Vesta ; (PI. VIT, 3) Penelamanda, forme de Thelxiope; (PL. VI, k) Pluto, forme de Thelxiope; (PI. VIL, 5) Aglaopeia, forme de Thelxiope.

Oserraür (Études d'Entomologie, XX: liv.; mai 1896) a figuré : en regard les unes des autres, quatre variétés de Thelxiope et quatre variétés de Vesta, race du Haut Amazones.

Par ailleurs, je ne connais pas d’autres ouvrages que ceux précités, où aient été figurées des Hehiconia pouvant se rapporter à Thelxiope ou à Vesta.

Bates a décrit, mais sans les figurer, quelques formes d’Heliconia amazoniennes du même groupe, et tout récemment M. Riffarth a entrepris d’ordonner et de cataloguer d’après un nouveau système (*) le genre Heliconius, en décrivant en outre un certain nombre de nouvelles formes. (Berliner entomologische Zeitschrift ; 1900-1901.)

@®) M. Riffarth rapporte Contiguus, Weym. et Timareta, Hew. (deux formes d'une même unité spécifique, l’une avec rateau aux ailes inférieures et l’autre sans rateau), comme variété de Melpomene, au même titre que Thelxiope. Je ne puis partager cette manière de voir, à cause de ia différence de conformation des dents du rateau, par rapport à Thelxiope. De. plus, d’après M. Riffarth, Vesta serait une forme de Phyllis,

ainsi que Demeter. Je ne puis admettre cette réunion spécifique. Pour moi Phyllis et Demeter sont des espèces distinctes de Vesta. 2

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VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

Hélas! M. Riffarth s’est bien gardé de publier aucune figure.

Dès lors quelle utilité réelle peut-on tirer de son travail qui paraît cependant consciencieux et soigné? Quel service sérieux et durable en résuliera-t-il pour la Science?

Si le temps donne aux hommes une dose d’expérience, j'ose, en reportant mes regards en arrière, prétendre à quelque habitude des choses de l’Entomologie ; d'autant plus que, depuis 4861, date de mon entrée à la Société Entomologique de France, j'ai eu l’honneur de fréquenter bien des Lépidoptéristes, et des plus considérables ; comme aussi j'ai été à même de voir beaucoup de Papillons et d’essayer tout au moins d'en déterminer un grand nombre.

Il ne m'est presque jamais arrivé de parvenir à la certitude, dans la détermination de Lépidoptères, connus seulement par une description que n’éclaire pas une figure suffisamment bien exécutée; et je ne me souviens pas d’avoir trouvé dans ma carrière quelqu'un pouvant sérieusement prétendre à un meilleur résultat.

Les descriptions sans figures sont, comme je l’ai maintes fois écrit au cours de mes Études d'Entomologie, plutôt un obstacle qu'un aide à l'avancement de la Science. Elles ne méritent pas la perte de temps que leur lecture entraîne, puisqu'elles ne peuvent permettre à personne de sortir de l’à peu près qui laisse place à tous les doutes et à toutes les incertitudes ; et finalement ceux-là même qui croient devoir, pour des motifs exclusivement per-

sonnels, attribuer quelque valeur à des dissertations qu'aucune figure n’accompagne, sont

bien obligés dans la pratique, de rayer de la Nomenclature, comme impossibles à reconnaître jamais, les noms des espèces seulement décrites et dont les types ont été perdus.

Il ne faut point cesser de défendre une opinion qu’on a lieu de croire basée sur les considérations les plus raisonnables. La Science, c’est la Vérité. Donc, tout ce qui contribue à engendrer même l’hésitation, et à plus forte raison l'erreur, est contraire au progrès de la Science. Alors,que l’on se donne la peine, au lieu de faire une obstruction à la production de la Vérité, d’en faciliter plutôt l'accès; et que l’on abandonne la prétention d’obliger à deviner des énigmes, la plupart du temps inintelligibles pour tous!

J'ai donc préféré attendre que fût achevé le travail de l’habile artiste à qui je confie l’illustration des Études d'Entomologie, pour faire connaître des documents assurément incomplets, mais tels que les renferme ma collection, formée, surtout pour le groupe spécial des Heliconia Vesta et Thelxiope, par les chasses de feu Constant Bar à la Guyane française; de Marc de Mathan au Para, le long du fleuve des Amazones, au Pérou et en Equateur ;

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et de P. Germain en Bolivie. Feu Staudinger m'a aussi cédé quelques pièces récoltées en Bolivie par Garlepp.

Mais c’est à Constant Bar que je suis redevable des documents les plus intéressants. Il s'était appliqué, durant longues années, dans son île Portal, au Maroni, à la recherche des variétés d’Heliconia. Maintes fois, pendant le séjour qu'il fit jadis à Rennes, nous nous sommes entretenus des causes qu'il serait possible d'attribuer à ces variations multiples. Malheureusement il n’a jamais été possible, paraît-il, de connaître, ce qui eût fourni la lumière : les premiers états comparés de Thelxiope et de Vesta; Constant Bar soupçonnait entre ces deux Heliconia des hyÿbridations naturelles; cependant il n'avait jamais eu de preuve.

Pour moi, je crois que si ce que nous appelons l’Espèce possède dans la continuité de sa descendance une fixité incontestable pour ses éléments constitutifs essentiels, elle subit cependant les effets d’une Loi de variation qui paraît d’ailleurs affecter tous les êtres organisés.

Pourquoi cette variabilité? J'avoue que je ne me trouve satisfait d'aucune des explications qui ont été essayées jusqu'ici. Toutefois la variation de l’Espèce est un fait certain; si l'étude plus approfondie n’en a été entreprise que depuis une époque relativement récente, ce n’en est pas moins un complément nécessaire de l’histoire même des êtres qui peuplent la Terre.

Je crois donc apporter à l’édifice de la Science Entomologique un tribut sans doute modeste, mais pas tout à fait inutile, en m'’efforçant de faire connaître, par des figures con- Sciencieusement rendues, des documents, fruits de longues et laborieuses recherches et intéressant la question spéciale de la Variation chez les Lépidoptères.

Je pense que la simple inspection des planches de la présente Étude sera le meilleur moyen d'apprécier exactement la question qui en fait l’objet.

Passant donc à l'examen du fait spécial de variations qui nous occupe, je prends, comme point de départ, les deux formes les plus ordinaires des Heliconia Thelxiope et Vesta.

Ces deux formes sont figurées : Thelxiope, sous les n° 87, 88 et 89 de la pl. VIIT; Vesta, sous les n° 28 et 29 de la pl. III de ces Études.

Il me semble que si l’on constate tout d'abord un faciès analogue des deux espèces, qui ont en effet à peu près les mêmes taille, forme d’ailes et coloration des taches et dessins sur le même fond noir, il suffit du plus rapide examen pour distinguer l’Heliconia Thelxiope

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de sa congénère Vesta; la conformation des taches et dessins étant très nettement différente dans les deux espèces. Notamment aux ailes inférieures, la disposition de ce qu’on peut appeler le rateau, c’est-à-dire l’ensemble des taches de couleur rougeàtre qui ressortent sur le fond noir, affecte une tout autre direction chez Thelxiope que chez Vesta. En outre, la tache jaune-primevère qui décore la partie subapicale-des ailes supérieures, figurant chez Vesta de la Guyane et du Para une sorte d’anneau interrompu, y est plus arrondie que dans Thelxiope.

11 ressort définitivement de l'observation des Papillons en cause, que Thelxiope et Vesta sont assurément deux espèces voisines, appartenant à un genre commun, mais assez distinctes l’une de l’autre pour ne pouvoir être confondues.

Cependant l’évolution de leurs variations va conduire Thelæiope (n* 87, 88 et 89) à Melpomene (n° 37; pl. IV) et Vesta (n° 28 et 29) à Melpomene (n° 1, pl. L.

Ici, une question se pose tout d’abord. Melpomene n° 37 et Melpomene n° À appartiennent-elles à une seule et même unité spécifique?

Je dois reconnaître que j'ai en vain cherché le moyen de séparer raisonnablement, par

quelque caractère suffisamment tangible, les deux Melpomene auxquelles Thelxiope et Vesta viennent respectivement aboutir.

Melpomene n° 1 est plus petite que Melpomene n° 37; ses ailes sont un peu moins dentelées ; cependant lorsque j'envisage les Melpomene de ma collection, je trouve, à côté de quelques spécimens que leur aspect général permettrait de classer à part, un grand nombre d’autres exemplaires fort incertains. Le n° 39 est moins différent du n° 4 que le n° 37; et pourtant je crois fermement qu'il y a deux espèces bien distinctes de Melpomene.

Ne savons-nous pas que les Gynæcia Dirce, Linné, et Dirceoides, Sepp, de la sousfamille des Nymphalinæ, sont, à l’état de papillon, tellement semblables qu'il est impossible de les discerner, tandis que les chenilles de l’une et l’autre espèce sont très distinctes. Constant Bar a élevé les chenilles des Gynœæcia Dirce et Dirceoides qui ne sont pas rares au Maroni. Il m’a confirmé l'exactitude des renseignements fournis à cet égard par Sepp. (Papillons de Surinam; pl. 145 et 149).

Peut-être quelque chose d’analogue existe-t-il pour la Melpomene-Vesta et la Melpomene- Thelxiope? Sepp a publié la figure de la chenille et de la chrysalide d’une Melpomene qu'il est impossible, d’après le dessin de l’insecte parfait, d'attribuer plutôt à l’une qu’à l’autre

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des deux Heliconia Thelxiope et Vesta. (Papillons de Surinam, pl. 4.) Ce qu'il faudrait connaître, ce sont les premiers états comparés des deux espèces et les résultats qu’on obtiendrait de l’éducation d’un certain nombre des deux chenilles au point de vue des variétés et spécialement de Melpomene. J'ai déjà exprimé mes regrets de n’avoir pu être éclairé sur ce qu’on peut bien appeler le nœud de la question. Puaisse un Entomologiste résidant dans quelque partie de l'Amérique où volent Vesta, Thelxiope, et Melpomene, s'appliquer à découvrir les chenilles et réussir à résoudre le problème que je suis actuellement obligé de me contenter de poser, sans prétendre à la solution.

Quoi qu'il en soit, en l’état présent des choses, Thelxiope et Vesta paraissent être deux espèces absolument distinctes et dès lors, je suis fondé à croire que le point où elles aboutissent ne semble être commun aux deux espèces que par une similitude illusoire de l’aspect extérieur des Papillons.

D'ailleurs ce ne sont peut-être pas deux Melpomene seulement que nourrirait l'Amérique méridionale. Jusqu'ici je n’ai fait allusion qu’aux Melpomene habitant les mêmes contrées que Vesta et Thelæiope. Mais chacun sait qu’en Nouvelle-Grenade, au Venezuela, à la Trinidad et à Panama, il y a aussi une Heliconia Melpomene, généralement plus frêle et plus petite que celle de la Guyane ou du Bas-Amazones, mais exactement semblable pour tous ses caractères extérieurs. Or, jamais je n’ai vu de Vesta, ni de Thelxiope recueillies en Colombie; jamais non plus je n’ai vu de variété parmi les nombreuses Melpomene que j'ai reçues de Nouvelle-Grenade et de Venezuela.

L’Heliconia amphitrite, Staudinger, d'Hillipani (Pérou) est aussi une WMelpomene. La question se complique donc singulièrement et ménage sans doute des surprises à nos SuCCesseurs.

Mais Melpomene, c’est le point d'arrivée et je dois revenir au point de départ.

Thelziope et Vesta se rencontrent ensemble dans les Guyanes hollandaise et française, au Para, le long du fleuve des Amazones et en Bolivie.

Il résulte de l'examen des documents qu’au point de vue géographique, les deux Helicoma peuvent être étudiées en trois groupes distincts :

1° Guyanes, Para et Bas-Amazones ;

2° Bolivie;

3° Haut-Amazones.

VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

Dans chacune de ces régions, l’évolution des variétés est spéciale.

Encore convient-il d'observer que les Heliconia Thelxiope et Vesta du Para, offrent par l'élargissement de leurs taches et dessins jaunes, rouges ou fauve orangé, une race différente de celle de la Guyane où ces mêmes taches et dessins sont plus rétrécis. Cependant comme il semble que leur variation se fait absolument dans le même sens, je réunis en un premier groupement les Heliconia récoltés à la Guyane, à Santarem et Obydos et au Para ; et prenant pour forme normale la Thelxiope qui a été figurée par Hübner, je considère la variation qui se produit autour de cette forme. C'est d’ailleurs celle que j'ai fait figurer sous les n° 88 et 89 ; le n° 89 ne différant du 88 que par l'absence de la tache jaune-primevère isolée, au bout de la bande maculaire subapicale des ailes supérieures, près de l'angle interne.

Le n° 4 (dessous) figuré par Hübner manque également de cette tache.

1e variation : L’extrémité de la bande maculaire jaune subapicale des ailes supérieures est colorée de rouge. Les n° 93, 94, 95, 96 appartiennent à cette variété.

2 variation : Un semis plus ou moins épais d'atomes noirs recouvre et obscurcit les

parties jaunes ou rouges.

Chez le n° 82, exagération de la variété Aglaopeia, Sigr., l’obscurcissement est presque total ; la base et le rateau restent seuls colorés en rouge violâtre.

Le n° 97 est une variété analogue, mais avec la base des ailes supérieures et le rateau largement et vivement colorés de rouge ; de plus, il y a aux ailes supérieures une sorte de nuage formé d’atomes rouges, faisant penser que ce n° 97 se rattache à la forme du n° 400 où la tache subapicale est entièrement rouge.

Les n° 83 et 84 ont perdu la tache cellulaire jaune ordinaire.

Dans les n° 85, 86, 9%, 96 et 98, l'obscurcissement est plus ou moins accentué.

3° variation : La tache cellulaire jaune ordinaire des ailes supérieures peut confluer avec la bande maculaire jaune subapicale.

Ainsi les n° M et 92; celui-ci offrant en outre une trace rouge (1"® variation) à l’extrémité extérieure de la bande maculaire jaune.

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Le n° 90 est une transition à cetle variation ; la tache cellulaire jaune y est divisée en deux par la pénétration de la teinte noire du fond.

4° variation : Toute trace de jaune disparaît dans la tache subapicale des ailes supérieures qui devient uniformément rouge. |

Chez les n°° 99, 100 et 101, il en est ainsi. -Le n° 104 présente un curieux rappel de la tache cellulaire jaune pupillée de noir. Graduellement, du n° 99 au n° 401, la tache rouge subapicale grandit pour devenir dans le n° 101 presque aussi grande que dans Melpomene

normale.

5° variation : Le rateau des ailes inférieures tend à disparaître.

Dans le Papillon n° 85, les atomes noirs obscurcissent le rateau qui est rembruni, mais encore bien apparent; tandis que dans les Papillons n° 86 et 9%, ledit rateau n’est plus qu'à l’état d'indication.

6° variation : Le rateau des ailes inférieures a totalement disparu.

C’est la forme Cybele, Cramer (CLXXX VIII, A). À cette forme appartiennent les 22 papillons figurés depuis le n° 60 au n° 81 inclus.

Les variations déjà relevées chez Thelxiope se retrouvent chez Cybele comme suit :

4° Coloration en rouge de l'extrémité de la bande maculaire jaune subapicale des ailes supérieures : tels sont les n°° 67, 68, 69, 73, 74, 75 et même 78 et 79 où le rouge existe, mais il est vrai, en bien faible quantité.

2° Obscurcissement des parties jaunes ou rouges par un semis plus ou moins épais d’atomes noirs.

Les n° 75 à 81 inclus, forment une graduation assez régulière de cet obscurcissement jusqu’à sa limite extrême que Moæschler a figuré sous le nom de Heliconius funebris (Beitræge zur Schmetterlings-Fauna von Surinam ; pl. LIT, fig. 8.)

3° Confluence de la tache cellulaire jaune des ailes supérieures avec la bande maculaire subapicale.

Voir les n°° 70 à 73 ; le 72 est, au point de vue de cette 3° variation, comme le n° 91 dont il ne diffère guère que par l'absence des dents du rateau aux ailes inférieures.

4° La tache subapicale des ailes supérieures devient uniformément rouge.

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VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

Il en est ainsi des n° 60 à 66. Les n° 60 et 63 sont bien analogues aux n° 400 et 101, à part les dents du rateau et la tache cellulaire du n° 401 ; le n° 61 ressemble au n° 99.

Les mêmes variations affectent donc Thelxiope et Cybele.

Abstraction faite des dents du rateau, ces deux formes sont semblables et ne peuvent, me semble--il, être spécifiquement séparées.

Cependant Cybele est l’objet de variations supplémentaires qui ne peuvent exister dans Thelxiope ; car elles résultent de la suppression des taches rouges ; aussi bien de celles qui forment le rateau des inférieures (seul caractère différentiel entre Thelxiope et Cybele) que des autres qui ornent les ailes supérieures.

7° variation : Les taches des ailes inférieures ont disparu et sont remplacées par des points

rouges à la base.

Le n° 53 diffère des n° 60 et 63 par la suppression de toutes les taches qui forment la base du rateau aux ailes inférieures, et du n° 100 par la suppression de la totalité dudit rateau.

Mais il reste la coloration rouge à la base des ailes supérieures, dont l’espace subapical est entièrement occupé par une tache rouge qui absorbe la tache cellulaire.

Le n° 53, sans sa base colorée en rouge, serait une Melpomene.

& variation : L'espace basilaire des ailes supérieures peut devenir entièrement noir par la suppression de la coloration rouge.

Lucia, Cramer (CCCL ; E, F) est le type de cette 8° variation.

C'est le fait des n° 51, 52, et 54 à 59.

À part cette suppression de la coloration rouge de la base des ailes supérieures, les n°° 54, 55 et 56 sont analogues aux n° 67, 69 et, si on ajoute la suppression du rateau des ailes inférieures, aux n°° 93 et 94.

Les n° 57 et 58 ne diffèrent réellement des n° 87, 88 et 89 que par l'absence de toutes les parties rouges, tandis que les parties jaunes demeurent très bien indiquées.

Une particularité curieuse à constater ; le n° 74 est la synthèse des deux n° 57 et 81 ; ceux-ci, réunissant leurs taches respectives, donneraient l’équivalence du n° 74.

9 Suppression graduelle de toute coloration jaune aux ailes supérieures.

VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA 17

Les n°* 51, 52 et 59 font la transition entre les variations extrêmes de Cybele et les

formes Melpomene.

10° Les ailes deviennent entièrement noires avec une macule subapicale rouge.

Du n° 37 au n° 50, il en est ainsi, mais avec des rappels de taches jaunes qui, chez les n® 40 et 47, font, à mon sens, un transitus egregius entre la forme finale Melpomene et les formes Thelxiope, Cybele et Lucia, qui viennent d’être sommairement passées en revue.

La tache rouge subit elle-même des rétrécissements et des envahissements par le noir qui aident à la transition.

Les n° 50 et 62 n’ont-ils pas la tache rouge subapicale analogue ? Ils ne diffèrent que par les taches rouges de la base des supérieures et des inférieures, absentes dans le n° 50, apparentes dans le n° 62; mais ce même n° 62 est bien voisin des n°° 99 et 100; il en diffère surtout par les dents du rateau.

Les observations ci-dessus sont faites sur 249 exemplaires se décomposant comme suit : Thelxiope, 83;

Cybele, 100; Lucia, 19; Melpomene, #7.

Abordant maintenant l'examen des Vesta de la Guyane et du Para, j'identifie à la figure donnée par Hübner (PI. 155 ; 1, 2, 3, 4) le n° 29 de la pl. 3 de ces Etudes. C’est la race géographique du Para, distinguée par Staudinger sous le nom d’Amazona ; le n° 28 est la race normale de la Guyane. Je n’ai jamais vu d’exemplaire guyannais coloré pour les parties rougeñtres, comme celui figuré par Cramer (PI. CXIX, A) et venant, dit cet auteur, de Surinam.

J'ai tout lieu de croire que les Papillons, figurés dans le présent ouvrage sous les n°° 4 à 35 et 44 et 45, appartiennent tous à l’Heliconia Vesta, dont les variétés se développent

parallèlement à Thelxiope comme suit :

A°° varialion : La bande maculaire jaune subapicale des ailes supérieures (partie exté-

rieure de la tache annulaire) est colorée de rouge.

VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

Le n° 43 est un échantillon caractérisé de cette variation; la tache cellulaire reste en grande partie jaune ; les exemplaires de transition n° 41 et 12, appartiennent aussi à cette variété. Chez le n° 40, exemple intéressant d’albinisme, le jaune est remplacé par du blanc rosé.

2 variation : Un semis plus ou moins épais d'atomes noirs recouvre et obscurcit les

parlies jaune-primevère des ailes supérieures.

Les n° 31 à 35 sont des spécimens de celte variation, chacun dans une mesure différente.

Le n° 31 est obscurci pour la tache cellulaire et la partie inférieure de l'anneau ; le n° 32 est enfumé par une aspersion générale d’atomes noirs, les n° 33 et 34 perdent plus ou moins la partie médiane extérieure de l’anneau, et le n° 35, exagération de tous les autres, perd presque totalement les taches jaunes, me semblant tout à fait comparable à la variété funebris, Mœschler, de Cybele, figurés sous le n° 84, et au n° 82 de Thelxiope.

Les n° 17 et 18, Uldarica, Cramer, à taches rougeatres, avec mélange de blanc jau-

nâtre et de rosé, sont analogues, pour la perte des taches de la partie médiane extérieure de l’anneau, au n° 34 et aux n° 44 et 45.

3° variation : La tache cellulaire jaune ordinaire des ailes supérieures peut confluer avec

la bande maculaire jaune ou rouge.

Ainsi les n°° 24,25 et 26.

Le n° 24 est analogue à Thelxiope n° 100 et le n° 26 à Thelxiope n° 91 et 92. La transition entre les n* 24 et 26 est indiquée par le n° 25 qui montre un rappel de jaune dans la tache cellulaire et près du bord costal. Cramer a figuré le n° 24 sous le nom d'Erythræa.

Les n° 15, 16, 49, 20, 21, 22 et 23 sont des transitions de Andremona, Cramer (n° 9 et 13) à Erythrœæa, Cramer (n° 24). Il y a tendance à l’albinisme chez plusieurs Papillons qui ont des taches blanc rosé, au milieu des parties rouges.

La liaison entre Andremona et Erythræa est donc tellement intime qu’on pourrait les considérer l’une et l’autre comme l’expression extrême d’une même variété.

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4° variation : Toute trace de jaune disparait dans la tache annulaire des ailes supé-

rieures qui devient uniformément rouge.

Le n° 9 représente cette variété appelée Andremona par Cramer. Il existe des passages nombreux de cette forme rouge à la forme jaune, ainsi que le démontrent les n°° 10, 41 et 12 rattachés à la première variation. Il me semble que Thelxiope n° 99 et 100 correspond à l’'Andremona.

9° variation : Le rateau des ailes inférieures tend à disparaître.

Exemple : le papillon Andremona n° 8. Cette variation d’exacte transition paraît être bien rare. C’est le seul exemplaire que j'aie vu ainsi.

6° et 7° variations : Le rateau des ailes inférieures a totalement disparu et est remplacé par des points rouges à la base.

Je rapporte à cette 6° variation de Vesta, la Cybelina, Stgr. (fris, IX, pl. VIL, fig. 2). La forme de la tache annulaire me paraît décisive, quant à l'attribution de Cybelina à Vesta et non à Cybele, ainsi que l’a fait Staudinger, à tort, selon moi (loc. cit., p. 304). A cette 6° variation, se rapporte le n° 7, analogue aux Thelxiope-Cybele n° 53, 60, 61, 62, 63; en tenant compte toutefois de l'absence de la base du rateau chez le n° 7, qui, étant une Vesta, n’a pas la même conformation maculaire aux ailes inférieures que sa congénère Thelxiope-Cybele.

8 variation : L'espace basilaire des ailes supérieures peut devenir entièrement noir par la

suppression de la coloration rouge.

C’est la variation indiquée par les n°s 3, 4, 5, 6, 44 et 45.

Les n°° 3, 4, 5, 6 appartiennent à la variété Callycopis, Cramer (CXC; E, F); les n° 44 et 45 sont des variations tenant à la fois de Callycopis et de Uldarica, Cramer; on peut dire que ce sont des Uldarica, n° 17 et 18, sans rateau aux ailes inférieures, ni tache rouge basilaire aux supérieures, mais avec ce qui reste de la tache rouge subapicale très

vivement coloré en rouge carmin.

20 VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

La variation chez ces Vesta n°* 4% et 45 se fait inversement par rapport aux Melpomene- Thelxiope des n°° 42, 43 et 46. Dans ces derniers papillons, la teinte noire du fond des ailes envahit la tache rouge par le côté intérieur, de façon à laisser subsister la partie extérieure de la bande maculaire rouge. Au contraire, chez les Vesta n°° 44 et 45, c’est la partie extérieure de la partie rouge qui a disparu et la partie intérieure, c’est-à-dire la tache cellulaire et son voisinage latéral qui subsiste.

A0° variation : Les ailes deviennent entièrement noires, avec une macule subapicale

rouge.

La transition au n° 4 Melpomene se fait insensiblement par une série d'exemplaires chez lesquels, comme dans le n° 2, il reste, dans la tache rouge à l’extrémité dela cellule, une accentuation noire qui est la dernière expression transitionnelle de l’envahissement graduel par la teinte rouge de l’espace noir qui, chez Callycopis, occupe le milieu de la tache subapicale rouge.

De même que de Thelæiope, n° 87, 88, 89, nous sommes arrivés par des passages successifs (et je suis loin de les connaître tous) à Melpomene n° 37, ainsi de Vesta n°° 28, 29, nous sommes arrivés à Melpomene n° 1.

Mes observations sont basées sur 4161 spécimens de Vesta, répartis dans ma collection

comme suit :

Métpoment UNI EIRE EERENERS Callycopis JL Vars LINE ER EC EP ERRNERE 14 ù Andremona ......:.... D mine | Didarnen. SSSR TN ER PE 90 Erythrœæa et variétés diverses ..........

Vesta et variétés diverses... =... 92

En Bolivie, la variation des deux Heliconia Thelxiope et Vesta parait tellement parallèle que si on enlevait une aile supérieure de l’une ou de l’autre des deux espèces, il serait impossible d’en déterminer l'attribution. k

La forme bolivienne de Vesta a été figurée (avec une variation de la tache jaune-primevère de l'aile supérieure qui se trouve extérieurement leintée de rouge carminé), sous le

nom d'Anactorie, par Doubleday.

te ch de D

VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA 21

Depuis, Salvin a appelé Venustus la forme privée de rouge dans la tache jaune de la même Vesta bolivienne.

Staudinger a figuré (Iris, IX ; pl. VIT, fig. 1) sous le nom de Penelope, la Thelmiope de Bolivie.

Les Heliconia Vesta-Venustus et Thelxiope-Penelope ne diffèrent donc point pour les ailes supérieures où la tache jaune-primevère est confluente et semblable à celle qui est reproduite dans la Vesta n° 26, les Thelmiope n° M et 92 et la Cybele n° 72 de ces Etudes.

Les deux n° 108 Thelxiope-Penelope et 109 Vesta-Venustus représentent la forme normale des deux espèces.

La A variation correspond à l'Anactorie, Doubleday. C’est la coloration rouge qui envahit la partie extérieure de la tache jaune.

Le n° 405 est la Vesta-Anactorie, le n° 106 est la Thelxiope-Penelope, variété correspondante.

Sous le n° 407, j'ai fait figurer une Vesta-Venustus remarquable par les points jaunes semés à l'extrémité et au-dessous de l’espace cellulaire des ailes inférieures, au milieu du rateau.

Je n'ai pas vu de variété similaire dans Thelxiope-Penelope.

Le n° 410 est une Thelxiope-Penelope pourvue d'un nuage d’atomes rouges aux ailes supérieures, à peu près de la même façon et à la même place que chez le n° 97 Thelxiope, de la Guyane.

Le n° 142 est la transition de Thelxiope-Penelope normale à Thelxiope-Penelamanda, Stgr, n° 411. Ce n° 112 ne diffère de la forme ordinaire bolivienne que par le passage du rouge au jaune qui se manifeste dans la barre du rateau. Chez le n° 114, cette barre est entièrement jaune-primevère et, par opposition, les taches des ailes supérieures sont rouges comme dans la Thelxiope, de la Guyane n° 100 et la Vesta-Erythræa n° 19.

Malheureusement, ma collection ne renferme de Bolivie que 10 Thelxiope-Penelope dont les quatre variétés 106, 110, 111 et 112; et 13 Vesta-Venustus, dont les deux variétés 105 et 107.

Il y a bien en outre les trois n° 102, 103, 104, variétés sans rateau, ni coloration basilaire rouge des supérieures, avec tache subapicale rouge (n° 402), comme dans Melpomene, à tache jaune (n° 104) comme dans Pluto, Stgr. (fris, IX ; pl. VIT, fig. 4); le n° 1083 faisant le passage entre 402 et 104. Staudinger a figuré sous le nom d’Aphrodyte une variété à peu près semblable à ce n° 403. Mais comme aucun de ces n° 102, 103 et 104, n’a sur

22 VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

les ailes inférieures, tant en dessus qu’en dessous, la moindre trace indicative (à la différence de Pluto, Sigr., qui est ornée de traces longitudinales jaunes permettant de classer cette Pluto avec Thelxiope) je ne puis être absolument certain à quelle espèce : Vesta ou Thelxiope appartiennent ces trois Papillons et je suis réduit à supposer d’après leur faciès qu'ils appartiennent à Vesta et qu'alors le n° 10% serait pour Vesta-Venustus la même variété que Pluto, Stgr. est pour Thelxiope-Penelope.

Bien que la Bolivie soit probablement le pays le plus riche de l'Amérique du Sud en Lépidoptères, c'est cependant la région que les chasseurs-naturalistes ont jusqu'ici le moins parcourue.

La variation des Heliconia Vesta-Venustus et Thelxiope-Penelope serait des plus curieuses à y étudier ; sans doute certaines variations, surtout celles qui forment les transitions les plus intéressantes, sont fort rares, comme à la Guyane, où en 30 années, m'a dit Constant Bar, les n°° 57 et 58 de Thelxiope-Lucia n’ont été pris par lui qu’une seule fois. Mais l’attention étant appelée sur ce point, un habile chasseur pourrait ajouter des documents précieux à ceux que nous possédons en trop petit nombre aujourd’hui.

Il reste à examiner les Heliconia Vesta et Thelxiope du Haut-Amazones, région de Teffé (Ega), S. Paulo d’Olivença, Pebas el jusqu'au Pérou et à l’Equateur.

Dans toute cette partie de l'Amérique, la variation des Heliconia paraît être la même. Je n'ai jamais reçu de cette région aucune Melpomene, bien qu’un nombre considérable d'exemplaires ait été envoyé surtout par M. de Mathan. l

- Le parallélisme de la variation au Haut-Amazones est presque parfait entre les deux espèces.

Pour les ailes supérieures,

Vesta n° 126, correspond à Thelxiope n° 123.

Vesta n° 425, — à Thelxiope n° 122.

Vesta n° 4127, — à Thelxiope n° 118.

Vesta n° 119, — à Thelziope n° 114.

Vesta n° 117, — à Thelxiope n° 116.

Vesta n°“ 1920,

124, — à Thelxiope Due

VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA 23

La Vesta n° 128 porte une macule jaune-primevère à l'extrémité de la cellule de l'aile inférieure rappelant, par ce détail, le n° 107 de Bolivie.

La Thelriope n° 115 à l’apex des ailes supérieures saupoudré d’atomes jaunes formant une tache divisée en trois parties par les nervures. C’est le seul exemplaire que j'aie vu ainsi. Il permet de prévoir des variétés qui, en outre de la tache subapicale jaune-primevère, auraient une tache apicale de même couleur.

Mais n'est-il pas remarquable de constater la similitude des ailes supérieures dans les variétés des deux espèces : Thelxiope et Vesta du Haut-Amazones.

La plus grande partie des exemplaires que renferme ma collection à presque exactement son sosie dans l’autre espèce.

Il est difficile de fixer la forme normale de Thelriope du Haut-Amazones ; les variations élant presque aussi nombreuses que les indivdus. Cependant les n°° 116 Thelxiope et 117 Vesta, assez analogues pour la confluence de leurs taches cellulaire etsubapicale à Thelæiope- Penelope et Vesta-Venustus, comme aussi à Vesta n° 26 et Thelxiope n° 91 et 92, pourraient être considérés comme se rapprochant de la forme la plus ordinaire, parmi les Papillons représentés dans cet ouvrage.

J’observe que Vesta est moins abondante que Thelxiope dans la région du Haut-Amazones et que la forme à tache jaune très réduite (n° 123 et 126) est plutôt spéciale à la région équatorienne.

Il reste, pour terminer l'explication des planches de cette XXI° livraison, à décrire quatre espèces nouvelles du genre Helicoma, voisines des deux Thelxiope et Vesta.

J'ai cru devoir profiter de la présente publication pour faire connaître les Heliconia Bari, de la Guyane française (n°° 129 et 130), Caternaulti, de Cayenne (n° 431), Xanthoceras (n° 36), de la Guyane française et Emmelina (n° 132), de la Guyane anglaise.

Je n’ai trouvé dans aucun des ouvrages que je connais la figure de ces quatre espèces de Lépidoptères.

Heliconia Bari, Ch. Obthr. (PL. XI, fig. 129, 130), Guyane française; près Cayenne (C. Bar): 2 &.

Fond des ailes noir en dessus, brun en dessous ; la base des ailes supérieures est colorée de fauve orangé vif; dans la cellule, il y a une tache jaune-primevère et au delà, une série

VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

en arc de taches de même couleur ; de plus une rangée marginale de macules jaunes descend du bord costal à l’angle interne, avec une interruption vers le milieu.

Les ailes inférieures ont un rateau fauve disposé à peu près comme chez Thelxiope. Le dessous reproduit le dessus en couleurs dont l'éclat est atténué. Le bord costal des ailes inférieures est liséré de fauve et entre le bord costal et la base du rateau, il y a un long trait jaune primevère, contigu à la nervure.

La tête et le corps sont noirs, maculés de.jaune ; l'abdomen est jaune en dessous, avec

deux lisérés latéraux jaune de chaque côté.

Heliconia Caternaulti, Ch. Obthr. (PI. XI, fig. 131), Guyane française (C. Bar et Méaux); Para, (de Mathan) 5 5, 4 Q.

Diffère d’Aœde, Hübner, par les caractères suivants; chez Caternaulti : 1° l'abdomen est annelé de jaune, au lieu d’être longitudinalement maculé de deux lignes latérales de points jaunes ; 2° les ailes supérieures ont une tache apicale jaune-primevère, divisée en 3 ou 4 parties par les nervures; 3° l’ensemble de la tache subapicale est plus ramassée et plus confluente ; 4° en dessous, le bord costal est assez largement liséré de fauve.

Sans doute Caternauli a été confondue avec Aœde, quoique les caractères de l’abdomen rendent tout mélange impossible. J’ai reçu un seul exemplaire du Para. Il est remarquable que pour Aœde et Caternaulti, la variation géographique soit la même au Para, comparativement à la Guyane française, que pour Vesta et Thelxiope; c’est-à-dire qu'au Para, les parties fauve et jaune-primevère sont plus larges et de coloration moins foncée qu’à la

Guyane.

Heliconia Xanthoceras, Ch. Obthr. (PL. IIL, fig. 36), Cayenne (ex. coll. Boisduval) ; 4 ©.

Diffère de Vesta par ses antennes que termine un point en massue de couleur jaune et

par la forme de la tache jaune-primevère des ailes supérieures.

Heliconia Emimelina, Ch. Obthr. (PI. XI, fig. 132), Guyane anglaise, 1 5.

Les ailes inférieures se distinguent par un espace gris soyeux analogue à celui d’Aœde,

mais relativement un peu plus étendu.

VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA 25

Les ailes sont noires; les supérieures, avec la base fauve orangé et la tache subapicale jaune-primevère formant une espèce d’anneau; les inférieures, avec une petite tache jaune orangé à la base. Le dessous reproduit le dessus, avec cette différence que le bord costal des inférieures est liséré de jaune clair et qu’un petit trait longitudinal fauve orangé, part de la base, comme s’il était l'embryon de la tête d’un rateau.

La tête et le corps sont noirs avec des taches jaunes ; l’abdomen est noir avec une double ligne jaune en dessous et une ligne latérale de points jaunes.

Si l’on considère dans une collection les Heliconia rangées par espèce et les individus de chaque espèce rangés par localité, on constate que les variations sont nulles dans certaines régions et pour certaines espèces; qu'au contraire, elles sont plus ou moins nombreuses ailleurs, mais que certaines variétés sont spéciales à des localités définies. Ainsi Melpomene ne semble pas varier en Nouvelle-Grenade et je n’ai jamais vu de variété d'Hortensia, ni de Ricini. Au contraire, Erato très variable en Nouvelle-Grenade, dans l'Amérique Centrale, dans la région Amazonnienne, dans les Guyanes, offre une forme spéciale de variation dans chaque région, à l'exclusion des autres contrées où pourtant l'espèce est également répandue. C’est ainsi que la variété à tache blanche aux ailes supérieures (Doris, Cramer CCCXXX VIT; C), affectant d’ailleurs aussi bien la forme bleue Quirina (Cramer LXV; À, B) que la forme rouge Dalila, Hübner, semble spéciale aux Guyanes ; tandis que d’une part la variété à ailes inférieures noires, sans aucune coloration bleue ou rouge paraît habiter exclusivement le Haut-Amazones ; et que d'autre part les variétés à coloration verte ou bleu-grisätre ont seulement été trouvées à Panama et que les exemplaires à ailes supérieures entièrement noires et sans taches jaunes, n’ont encore été rencontrés qu'en Nouvelle-Grenade.

Cependant il se pourrait faire qu’on capturât ailleurs qu’en Guyane un exemplaire exceptionnel où la tache jaune des ailes supérieures fût blanche; ou bien qu'on trouvât ailleurs qu’en Nouvelle-Grenade un échantillon complètement noir aux ailes supérieures et dépourvu de toute tache blanche ou jaune ; mais on doit raisonner avec ce que l’on observe

— le plus généralement et non avec des exceptions qui peuvent même être considérées, me

semble-t-il, comme problématiques.

Qu’en faut-il conclure ?

C’est qu’il y a sans doute dans chaque région habitable pour une espèce, des circons-

VARIATION DES HELICONIA THELXIOPE ET VESTA

tances encore inconnues qui permettent à certaines variations de cette espèce de se produire. J'ai cité, dans la XX° livraison des Etudes d'Entomologie, l'apparition en Amérique du Nord, où l'espèce avait été importée, de la variété jaune de notre Paeris Rapæ et l’observation faite à ce sujet par M. Scudder, de Boston.

L'histoire de chaque espèce comporte donc des compléments imprévus, suivant que les migrations d’une espèce en portent des individus dans telle ou telle partie de la terre qui possède les conditions nécessaires pour faire paraître une variation dans la descendance qui s’y fixera.

Il n’en parait pas moins que les variations sont soumises à des lois et dès lors qu'il ne

peut exister ou survenir d’autres variations que celles prévues de toute éternité par le divin

Créateur et Législateur de toutes choses.

J'achève donc cette XXI° et dernière livraison des Etudes d’'Entomologie, pénétré du sentiment qui m'a toujours animé au cours de la publication de mon ouvrage, c’est-à-dire pendant plus d’un quart de siècle, glorifiant Dieu pour les merveilles qu'Il a créées et Lui rendant grâces pour le précieux réconfort que m'en a procuré l'étude, au milieu des inévitables

épreuves de cette vie terrestre.

Rennes, Janvier 1902.

CHares OBERTHÜR

Numéro 1.

EXPLICATION DES PLANCHES

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