‹ Études d'histoire byzantineChapitre 40 sur 178 · XVI. — Constantin l · texte numérisé non relu

XVI. — Constantin l

34 CONSTAJNTI?. V, EMPERELP. DES ROMAINS

de ces villes en ïhrace, afin d'v combler les vides faits par les ravages des Bulgares.

L'année 746 est marquée par une grande victoire navale. Pendant que Marouam continuait à lutter contre les insurrections d'Héliopolis et de Damas, une (lotte arabe quittait Alexandrie et faisait voile pour Chypre. Ou croit généralement que cette île avait été reconquise par Léon Flsaurlen ; il est plus vraisemblable d'attribuer la réoccupation de Chypre à la victoire de 746'. Constantin envoya à Chypre l'escadre des C^ibyrrhéotes, que nous avons vue h l'œuvre déjà pendant la sédition d'Artavasde. L'amiral byzantin surprit la flotte arabe au moment où elle était enfermée dans le port de Céramée. II occupa aussitôt toutes les issues de la rade et incendia les vaisseaux ennemis. Trois navires seulement purent s'échapper. Les Cibyrrhéotes revinrent triompher à Constantinople avec un butin considérable*.

Les trois années suivantes virent la chute de la dynastie omniiade. Le soulèvement partit de Perse et s'étendit vers l'Occident. Les Abbassides reconnaissentpourmaitrel'iman Ibrahim. Les généraux de iSIarouam sont battus l'un après l'autre par les insurgés. Enfin, IMarouam lui-même voit son année détruite complètement sur le fleuve Zab. Il réussit à fuir en Egypte, mais il y est reconnu et mis et mort. Pendant ce temps, à l'iman Ibrahim avait

1. Le fait n est cependant pas absolument certain. En 686, Chypre avait été déclarée neutre et également tributaire des Romains et des Arabes (Tliéopli., A.M. 6178, p. 363). Cinq ans plus tard, Justinien II avait violé ce traité et enlevé de l'île un grand nombre de Cypriotes (AM. 6i83, p. 365). Aucun texte ne nous indique formellement que 1 île ait été reconquise depuis par Léon l'Isaurien. Certains témoignages sembleraient même prouver le contraire. Georges de t^liypre, le grand adversaire de Léon, parait avoir vécu hors des atteintes de l'autorité impériale, tout comme Jean Damascène (Mansi, Xlll, 355). En 742,1e khalife OualidCt enlever les Cypriotes et les transporta en Syrie (Théoph., AM. 6234. p- 4i7). Mais il peut n'y avoir eu à ce moment qu'une razzia sans conséquence. L abbé Etienne mentionne Chypre dans son énumération des pays où les moines n'auront rien à redouter des violences du tyran (p. 11 18). Mais nous savons ce qu'il faut penser de la valeur de cette géographie (v. plus bas, p. i65). Du récit delà bataille navale de 746, on ne peut rien conclure sur la situation de l'île ; à noter cependant que d'après Tliéophane la flotte romaine se trouvait à Chypre au moment où les .\rabes y sont arrivés. En 770, Lachanodracon. stratège des Thracésicns, fait transporter à Chypre l( ■^ moines rebelles (Théoph., AM. 6262, p. 445). En tout cas, en 788, l'île appartenait aux Romains, puisque les Arabes font une expédition pour la conquérir (Théoph., AM. 6282, p. 465). De même en 806 (Théoph., AM. 6298, p. 482).

2. Théoph., AM. 6238, p. 422 ; Nicéph., Brev., p. 63; Cedrenus, 886. Cf. Fialay, p. 60.

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succédé Abdul-Abbas, qui partagea les provinces entre ses parents, et s'établit lui-mènic non plus à Damas, mais en Perse, où bientôt après il fonda Bagdad. Les massacres et les dévastations se prolongent en Syrie pendant six ans'.

Les dissensions des Arabes, l'éloignement de leur nouvelle capitale, permirent à Constantin de prendre l'offensive en Asie Mineure". En 751, il s'empara do Théodosiopolis et de Mélitène^.

A ce moment, le khalife Abdul-Abbas était occupé par une révolte en Mésopotamie. Constantin bloqua étroitementMélitène après avoir dispersé dans un combat la cavalerie arabe. 11 offrit la vie sauve aux habitants. Ceux-ci refusèrent tout d'abord de se rendre. Mais Constantin commença les opérations, dressa les machines de siège, el la ville dut capituler*. Les historiens arabes eux-mêmes reconnaissent que la population entière fut épargnée^. Les habitants chrétiens. Arméniens ou Syriens, furent enlevés et transportés en Thrace, où ils remplacèrent les populations détruites par la peste ". Les habitants arabes furent dispersés dans toute la province. Quant à la ville, elle fut détruite entièrement et ses remparts rasés'.

Après la prise de Mélitène, les Romains continuèrent la campagne et enlevèrent le fort de Claudias*'. Quant à Théodosiopolis (Kalikala), elle aurait été prise par un des alliés arméniens de Constantin, le patricc Kouchan'. Théodosiopolis eut le sort de Mélitène.

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