‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 112 sur 141 · F^ponse de Thomasius à la première lettre conciliatrice · texte numérisé non relu

F^ponse de Thomasius à la première lettre conciliatrice

2. Essentiam corporis potius consistere in motu. Gerh., PhiL, I, 72. Cf. à Thom. Ibid., I, 26, 20/30 avril 1669.

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mouvement de sa cause incorporelle ou de l'esprit. Un

même progrès interne de la philosophie de Leibniiz, loin

de sacrifier Tune à l'autre science et théologie, tournait

iu contraire et tournait à la fois au profit de l'une et

itre.

pourtant le mouvement, dans cette conception, deit encore trop éloigné de l'esprit. Si l'on ne fait, en de l'esprit qu'un moteur, la nature du mouvement lie qu'il n'en réclame qu'une fois, à l'origine des , l'action productrice et l'intervention effective. Leib-

dit sans doute que réduire au mouvement actuel et uvement local l'existence des corps, c'est s'astreindre ser qu'ils sont créés, non pas une fois pour toutes, continuellement dans la suite des temps; mais la uité de cette création, on ne peut cependant la rap-

à Dieu qu'autant qu'on y rapporte celle du mouve-

or, ne remonter à Dieu que pour trouver en Dieu la

efficiente du mouvement, ou, ce qui revient au , ne réclamer de lui qu'une première impulsion, e celle qui viendrait d'un moteur mécanique, c'est ier de Dieu le mouvement, qui, dans le temps, se Si lui-même, pourvu qu'une fois seulement il ait été it, et c'est par suite en détacher la nature, bien pluîservée par le mouvement lui-même que par l'action îu. Ce qu'on exclut ainsi de l'ouvrage de Dieu, ee )lus seulement, à vrai dire, son concours extraordi-

mais c'est aussi son concours ordinaire ; et cela ivoir fait du mouvement et de l'esprit deux choses si ktement distinctes, voire même si complètement ères l'une à l'autre, qu'on ne comprend même plus înt Dieu serait la cause efficiente du mouvement. Du

il ne pourrait, en effet, donner une impulsion à la e mobile qu'à la manière des moteurs mécaniques ires ; et cette conception, d'ailleurs, serait absurde,

incorporel et s'il est un esprit, .

l'est donc point du dehors et une fois pour toutes peut comprendre que Dieu fasse naître le mouve-

ment; il reste que ce soit du dedans qu'il le produise tout à la fois et qu'il le conserve, quand aussi bien la nature du mouvement est telle que c'est tout un pour lui que d'être simplement, ou que d'être conservé. Ce qu'il fallait montrer, c'est donc que le mouvement postule dans l'esprit encore plus qu'une cause efficiente et motrice, à savoir un fondement persistant et immanent ; et tandis qu'un esprit unique eût suffi après tout à l'unique impulsion que réclamait le mgnde d'un moteur transcendant, place allait être faite dans la doctrine nouvelle et à un Dieu unique qui demeure pour Leibnitz non seulement Yultima ratio 1 , mais l'harmonie des choses, et à autant d'esprits peutêtre qu'il y a dans l'espace infini de mouvements distincts, ou du moins d'éléments et de commencements de mouvement. Pourvu qu'elle épargnât, même en les rapprochant, la distinction foncière du mouvement et de l'esprit, la doctrine nouvelle préservait donc, en outre, la multiplicité des âmes individuelles, que la doctrine ancienne n'obligeait nullement à distinguer de Dieu.

On sait déjà comment, en approfondissant la nature du mouvement, Leibnitz fut conduit à trouver dans ses lois et même dans son essence l'action toujours présente de l'esprit qui le soutient, et en dernier ressort de Dieu qui apparaît comme le monarque commun des corps et des esprits. La science du mouvement donnait ainsi sur l'esprit et sur Dieu des démonstrations jusqu'alors inconnues, et, ne fût-ce qu'à ce titre, exigerait qu'on apportât la dernière rigueur dans la détermination des lois du mouvement 3 .

Or, le trait le plus frappant de ces lois rigoureuses est qu'entre les mouvements qu'elles feraient prévoir ou les mouvements abstraits, et les mouvements sensibles ou concrets de la nature, elles accusent dès l'abord de telles divergences qu'elles font comme toucher du doigt Ta nécessité, pour nous dans Tordre de la connaissance, pour

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