Ibid., p
46 études d'histoire de la philosophie.
puissance à l'acte la génération de toutes les choses sensibles ; or il croyait aussi que par le mouvement seul s'effectue ce passage, à tel point que pour lui la physique ^ n'avait en somme qu'un objet, l'être en tant que mobile,
iî et tous les éléments qu'un tel être suppose. Aussi dans les
'; 8 livres de la Physique ne traite- l-il de rien d'autre que de
h la figure, de la grandeur, du mouvement, du lieu et du
{* temps 1 . Lui-même, au liv. III, déclare que « toute la
* science de la nature a pour objets la grandeur (à laquelle
3 J . est liée la figure), le mouvement et le temps », et ailleurs,
avec plus de précision encore» — au point qu'il rencontre, /, jusqufc dans l'expression, la pensée des modernes, — « la
>! science de la nature a pour objets la matière et le mouve-
\\ ment 2 ».
\ s Telles sont les preuves directes invoquées par Leibnîtz
en faveur de sa thèse ; mais ne serait-ce point la vérifier
r d'une manière éclatante que de montrer qu'elle supprime
d'emblée toutes les difficultés où se sont embarrassés de
y' tout temps les scolastiques, pour avoir entendu autrement
"f ; * la matière et la forme ? Suivons encore Leibnitz dans cette
) démonstration, où non seulement nous allons le voir faire
\ d'Aristote un cartésien, ce qu'il se défend d'être lui-même,
mais où il trouve en même temps l'occasion d'exposer ses
' : \ propres idées sur la matière et le mouvement, sur la nature
] ; du corps, et sur la réduction à la figure et au mouvement
:■ : de toutes les qualités sensibles:
t Deux points surtout ont embarrassé les scolastiques dans
; la philosophie d'Aristote : le premier touchant la matière
)' ou la P ure puissance, le second touchant les formes et
) l'origine des formes. Si rien n'est, en effet, que par la
\ forme ou au moins par l'union de la matière et de la forme,
[ ; de ^lle sorte que l'airain, matière de la statue, et la ma-
j ttère même de l'airain ne peuvent être conçus privés de
î loute forme, comment attribuer une existence quelconque
f à Ia matière première ? D'une part, il faut qu'elle soit, pour
\ 1. Ibid., p. 21.