‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 34 sur 141 · Ibid., 188 et · texte numérisé non relu

Ibid., 188 et

HANNEQUIN, II. fi

métrie, abstraite et rationnelle, ou, comme l'appelle Leibnitz en souvenir sans doute des éléments de la Géométrie d'Euclide, elementalis *.

Il est tout à fait remarquable que ce que réclame Leibnitz et que ce qu'il essaye de fonder dans ce traité de jeunesse, c'est cette science mathématique et rigoureuse du mouvement, que les modernes appelleront comme lui rationnelle, parce qu'elle doit être, comme la géométrie, a priori et constructive ; et ce n'est pas le moindre mérite de celui qui devait faire de la science du mouvement le point central et le fondement de sa philosophie d'avoir eu des conditions et de la perfection de cette science une conception si nette et si juste. En ce xvn e siècle, où la mécanique est dans l'enfance, mais où elle fait, il est vrai, avec Galilée, Huygens et Newton, des progrès si remarquables dans la voie même où rêvait de l'engager Leibnitz, on ne peut méconnaître qu'elle eut de la peine à dégager de ^expérience et de l'observation vulgaires ses principes abstraits ; et quoique notre philosophe se trompe en rangeant Galilée et sans doute Huygens* parmi les défenseurs résolus d'une Phoronomie purement expérimentale, eux qui contribuèrent plus que personne à établir les principes de la Phoronomie rationnelle, on ne peut s'empêcher d'applaudir à son chaleureux plaidoyer contre ceux qui, satisfaits d'une mécanique grossière, raillaient tous les efforts tentés pour en faire une science rigoureuse et mathématique 8 .

Et ce n'est point seulement pour satisfaire à un besoin d'exactitude purement spéculatif, sans intérêt pour la pratique, que Leibnitz réclamait cette science rationnelle ; e'est aussi parce que nous ne pouvons concevoir que les lois du mouvement dans la nature ou dans le mouvement réel, de celui en un mot qui frappe nos sens et que nous observons, soient au fond différentes des lois vraies du

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