‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 79 sur 141 · U et 35, 197 sqq · texte numérisé non relu

U et 35, 197 sqq

tique qui donnait dans sa pensée aux phénomènes électriques, par une anticipation remarquable des théories modernes, la même portée et la même universalité qu'à la gravitation.

Aux mouvements sympathiques qui sont « verticitas et attractio 1 », Leibnitz opposait le mouvement antipathique ou réaction, « cujus subtilissimis varietatibus in natura rerum pleraque peraguntur 2 », quoique, disait-il, « si interiora spectes, nulla est in corporibus nec antipathia nec sympathia ». Et de même qu'il attribuait les premiers au mouvement par lequel le mouvement de l'éther « deprimit » les corps hétérogènes qui le troublent et les « rejicit in locum debiliorem, scilicet versus centrum telluris vel versus polos », de même il attribuait le second, auquel il ramène l'ensemble des réactions chimiques, au mouvement par lequel il disperse, quand il le peut, les parties des mêmes corps, pour les réduire à une subtilité égale à la sienne. Et la réaction chimique se trouvait ainsi rapprochée de l'élasticité, comme l'attraction magnétique de la gravitation. Le principe supérieur d'où il tire l'interprétation générale des phénomènes chimiques semble être que, pour chaque région du monde traversée par l'éther, mais occupée par la terre, par l'eau, par l'air ou même par l'éther seul, un tel régime d'équilibre doit à la fin s'établir entre les mouvements de ces différents éléments et la circulation de l'éther, que celui-ci ne peut plus rien changer au mouvement de ceux-là. A peine est-il besoin d'ajouter que l'équilibre résulte tant de leurs mouvements que de leur densité. Si donc Ton donne comme Leibnitz le nom de masses (massae) tant à ces éléments 3 qu'à la ma-

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