‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 162 sur 229 · Logique, IV · texte numérisé non relu

Logique, IV

192 ÉTUDES d'histoire de la philosophie:

rapportent au môme sujet, dont il faut comiaître tout ce qui en sera affirmé dans la conclusion, avant même que la conclusion soit tirée en forme de prémisses.

En résumé, d'après Hobbes, sans les mots et sans le langage, il n'y a plus ni propositions, ni syllogismes possibles : le raisonnement humain est réductible en dermère analyse soit à l'addition des termes {synthèse), addition dont l'essence se retrouve sous la multiplication, soit à la soustraction ou à la division de ces mêmes termes (analyse). Qu'est-ce, en effet, que le jugement, sinon l'addition de plusieurs concepts de l'esprit et, par conséquent, de plusieurs mots ? Dire qu'un homme est un animal raisonnable ou qu'un carré est un rectangle à côtés égaux, c'est dire que homme = corps + animé + raisonnable, et que' carré = quadrilatère + rectangle + équilaiéral i. Le syllogisme, d'autre part, n'est qu'une addition de jugements ou propositions, et par conséquent aussi une addition des idées ou des mots qui s'y trouvent déjà totalisés. Juger ainsi en additionnant, c'est loyi^ifsbai; raisonner par le moyen du syllogisme, c'est aunoyiîIécrOaiS. Ainsi le raisonnement et ses éléments se trouvent réduits à un système d'opérations arithmétiques portant sur des mots au lieu de porter sur des nombres, et la logique en définitive n'est plus qu'un calcul (« computatio sive logica »). De là la définition de la raison 3.

La science, d'autre part, n'existe qu'au moment où l'esprit emploie, avec le langage, toutes les formes de la « ratiocinatio » et tous les procédés de la logique ou du calcul appliqué aux noms. Il existe, en effet, deux espèces de connaissances, sur la distinction desquelles Hobbes

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