Log., V
200 ÉTUDES d'histoire de la philosophie.
Verreur^ comme la vérité d'ailleurs, est donc dans le iugementj dans la proposition, fausse ou vraie : « verum, Veritas, proposilio vera », expressions identiques ; « veritas enim in dicto non in re consistit ^. »
« Les erreurs tiennent encore au raisonnement, c'est-àdire au syllogisme » ; et elles consistent alors a dans la fausseté d'une des prémisses ou dans la déduction. Dans le premier cas, on dit que le syllogisme pèche par la matière, et dans le second par la formel ». Tout cela est connu ; mais ce qui est intéressant, c'est de voir Hobbes chercher avec Descartes la cause dernière de l'erreur dans la négligence, l'inattention, il dit môme en propres termes dans la volonté.
Ainsi la logique de Hobbes repose sur le nominalisme le plus arrêté, comme sa psychologie sur un sensationnisme déjà très complet et très semblable à celui de Hume.
Passions et Volonté
Nous passons de l'étude de la faculté cognitive à celle dé la faculté motrice de l'esprit : celle-ci est distincte de la faculté motrice du corps, qui est le pouvoir de mettre les autres corps en mouvement ; elle est le pouvoir de l'esprit de donner le mouvement animal ou volontaire (Voy. page 163) au corps dans lequel il existe, et ses actes se nomment affections ou passions s. Les passions sont ainsi assimilées à de véritables forces aveugles résidant dans l'esprit, comme le faisait récemment M. Penjon (ouverture du cours de Douai, Critique philosophique).
Tandis que la connaissance ou « sensio » est expliquée par Hobbes comme une réaction du cerveau et de l'organisme sur l'objet, par un mouvement centrifuge, le plaisir et la douleur sont produits, au contraire, d'après lui,