‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 33 sur 229 · XL ARTHUR HANNEQUIN ET SON GEUVRE · texte numérisé non relu

XL ARTHUR HANNEQUIN ET SON GEUVRE

catégories continuent, si Ton veut, de lier a priori les sensationSi mais c'est une liaison (( qui pose entre les termes des relations extérieures, qui les unit sans les déterminer » : c'est rétrograder vers Hume plutôt que dépasser Kant. Nous n'avons, plus là les véritables Catégories, <( synthèses puissantes de la logique kantienne qui poussent si avant leur détermination dans l'intuition sensible, qu'elles la pénètrent tout entière et qu'elles la transforment d'une manière radicale en en faisant la connaissance ». Et sur quoi dès lors sera fondée l'objectivité de notre expérience, de notre science ? Quelle va être la nature, la valeur, les limites de notre connaissance ? Fidèle à la lettre et à l'esprit du kantisme, Hannequin a continué, après toutes les discussions qu'on sait, de croire que (( les principes et les démonstrations des Mathématiques sont vraiment synthétiques i », et d'affirmer leur spéciftcité, se refusant absolument pour sa part à suivre les mathématiciens logiciens qui travaillent, avec un bon vouloir touchant, à la plus chimérique des reconstructions, la (( reconstruction logique de toute la Mathématique* ».

2® La Critique et la chose en sol — Le Kantisme, même celui de la première édition de la Critique de la Raison pure^ est un réalisme. Combien pourtant oublient cela! Il y a des choses en soi pour Kant. Il l'a dit cent fois et tout de suite et jusqu'à la fin. Ne l'eût-il jamais dit que le système tout entier l'aurait dit d'avance pour lui. La chose en soi, c'est pour nous Vimpuissance de nou^ considérer comme la cause plénière et absolue de notre connaissance. Notre pensée est si loin de tout tirer d'elle-même qu'elle ne tire même rien du tout. La Catégorie n'est pas pleine, elle est vide, elle est une forme. Puissance de poser des rapports, des synthèses, elle détermine, dès qu'elle l'atteint, la matière de la connaissance ; mais sans cette matière elle ne déterminerait rien. Ni les objets de notre expérience, ni les idées de notre connaissance ne sont des choses en soi. Les choses en soi, nous ne savons ce qu'elles sont^ nous savons seulement d'elles ce que nous sommes capeibles d'en faire, et nous en faisons des phénomènes. On objecte que la chose en soi n'est plus alors une chose en soi, qu'elle rentre dans la connaissance. Oui et non. Elle y rentre d'une manière ; mais d'une manière aussi elle n'y rentre pas, elle reste dehors, elle reste une chose en

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