XLVIII ARTHUR HANNEQUIN ET SON ŒUVRE
même, ou encore « l'esprit de la science », la « science des sciences i » ; si c'est, comme on l'a dit, notre conscience môme de l'esprit qui est impliquée dans l'organisation et le développement de la science, si « tout progrès de la science est ainsi l'occasion d'une conquête réelle pour la philosophie 2 », et si « la valeur positive et la fécondité de Tune est le gage de la valeur positive et de la fécondité de l'autre ».
Dès son arrivée à Lyon, en 1884, il avait inscrit à son programme un cours sur la Critique des principes des sciences mathématiques ; et, à cette date, le sujet ne laissait pas d'être moins commun qu'il ne serait aujourd'hui. Les années suivantes il explora systématiquement l'histoire des sciences, Vhistoire de la science antique, Vhistoire des sciences au moyen âge, Vhistoire de lu physique de Galilée à nos jours, Vhistoire de la chimie, Vhistoire de Vatomisme chez les anciens et chez les modernes, convaincu qu'une histoire des sciences ne peut livrer ses secrets qu'autant qu'elle est une histoire générale des sciences. En 1891 la Faculté de médecine de Lyon prit l'initiative d'un cours ù'histoire des sciences qui finit, après quelque temps, par trouver sa place naturelle à la Faculté des Lettres. On le confia à Hannequin. La leçon d'ouverture, publiée dans la Revue scientifique,, amena le jeune professeur à synthétiser quelques-unes des conclusions auxquelles ses études antérieures l'avaient conduit. En 1903, au moment d^e sa candidature à la chaire de Pierre Lafïite, il crut devoir adresser aux électeurs, professeurs du Collège de France et membres de l'Académie des Sciences, une lettre-programme où il indiquait la raison d'être et la signification d'un pareil enseignement confié à un philosophe. Ces deux brefs écrits joints à la première partie de son livre sur VHypothèse des atomes, à quelques études critiques, et aussi à un fragment de chapitre sur les sciences mathématiques et physiques au X7X* siècle, sont, je crois, tout ce qui subsiste de riiistorien des sciences. Ses liasses de notes, par l'ampleur et le détail des recherches dont elles témoignent, par les formules orijginales et heureuses qui éclatent à chaque page, fon| infiniment regretter que rien n'en soit sans doute utilisable sous la forme où il les a laissées.
D'où vient qu'on sente depuis longtemps l'utilité d'une histoire de la philosophie, et qu'on se montre généralement