‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 41 sur 229 · L ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE · texte numérisé non relu

L ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE

inventions premières, bien loin d'être épuisée, est assez grande encore, à plusieurs siècles de distance, pour engendrer et pour soutenir les développements les plus divers et parfois opposés d'une môme science ».

Et puis il y a autre chose. Si dans la science non plus rhistoire n'est pas la dialectique que Hegel croyait, si c( la part des circonstances imprévues, des observations dues à ce que nous appelons le hasard, la part enfin des inspira tiens heureuses » ne permettent guère de soutenir,^, dans la suite des recherches et des trouvailles, « l'étroite correspondance de l'ordre actuel et pour ainsi dire interne de ses concepts, et de l'ordre historique de leur apparition », il n'est pas niable pourtant que, dans les mathématiques, les (( théorèmes essentiels qui sont comme les idées directrices de la science ont dû apparaître dans Tordre môme de leur subordination théorique )> ; et que^ môme dans les sciences physiques, les concepts fondamentaux dont « la force évolutive entraîne et coordonne les mouvements de la science » commandent la plupart des découvertes où la part de l'imprévu est d'autant réduite, et se commandent eux-mêmes les uns les autres. Or (( ces liens puissants qui, sous la dispersion apparente des observations isolées, des lois particulières et du nombre toujours croissant des découvertes de détail, assurent aux sciences de la nature la régularité et la continuité de leurs développements », — ces lois d'évolution de la science, n'est-ce pas à l'histoire des Fciences, dans l'intérêt même de la science, qu'il appartient de les trouver et de les formuler? Hannequin allait jusqu'à se demander si de rhistoire ainsi faite ne se dégagerait pas (( une sorte d'enseignement des mathématiques ». Car enfin la démonstration (( exige que nous allions par ordre et par degré, comme disait Descartes, des propriétés les plus simples et vraiment évidentes ou postulées comme telles, aux propriétés de plus en plus complexes, qui supposent les simples..., et la règle de la démonstration progressive et graduelle qui, en chacun de nous, s'impose à notre intelligence, a donc dû s'imposer, avec non moins de force, à l'esprit de l'humanité n.

Cela même d'ailleurs qui paraît contrarier et bouleverser le d<''veloppement logique du devenir des sciences, et empêcher que le déterminisme ne soit aussi rigoureux dans révolution de leurs méthodes et de leurs problèmes que dans l'évolution cosmologique ou biologique, à savoir la part des inventeurs de concepts et le rôle des concepts inventés, par

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