‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 57 sur 229 · ARTHUR HANNEQUIN ET SON OKUVRE. LXV · texte numérisé non relu

ARTHUR HANNEQUIN ET SON OKUVRE. LXV

faitement nette du zéro religieux ». Mais il était convaincu que s'il y a des vérités de Tordre moral et religieux, si nous y atteignons, c'est par un genre de connaisance très spécial : Kant lui a donné un nom, et un nom qui lui restera, la croyance. « Entre la science et la croyance. Kant a établi une ligne de démarcation qu'il est interdit à l'une comme à l'autre de franchir, à la croyance pour ne point troubler la connaissance dans ses possessions légitimes, à la connaissance pour ne point introduire dans le champ de la croyance les r,estrictions et les limites qui ne conviennent qu'à la nature et à l'expérience... Mais il s'est réservé le droit, en dérivant l'une et l'autre d'une même pensée et d'une même raison, d'assurer à l'une et à l'autre un développement légitime et harmonieux en» toute vie humaine. La philosophie de Kant n'a pas eu, comme d'autres philosophies, à fonder d'abord la connaissance sur les ruines de la croyance, pour justifier ensuite la croyance par l'insuffisance de la science. Nul au contraire n'a proclamé plus hautement que lui la suffisance absolue de la science, en quoi son <( positivisme » échappe à toute atteinte ; mais nul non plus n'a plus légitimement réservé les droits de la croyance, pour un esprit qui par l'a priori touche à l'intelligible, le pressent, et y tend comme à un monde où il doit trouver la satisfaction de ses aspirations morales et le sens, décidément indéchiffrable pour la pure connaissance, de ses aspirations religieuses. » Il y a donc place dans l'homme à une croyance. Nous ne sommes pas les dupes d'un mot. La science prenant conscience d'elle-même nous invite <( à franchir par un acte de foi morale les bornes de la pensée en même temps que celles de la naturel ». D'une part, nous sommes assurés que jamais ni la science ni la critique ne ruineront l'objet de notre croyance, — si toutefois c'est vraiment un objet de croyance. D'autre part, il y a en nous un ensemble confus et vivace d' (< aspirations morales » et d' « aspirations religieuses », — dont l'étude devrait être le côté positif d'une iHéorie de la croyance, — qu'il dépend de chacun de nous de rendre plus réelles encore, plus déterminantes de notre existence, *et dont jusqu'ici les psychologies et les sociologies n'ont expliqué que les entours et les formes contingentes. C'est de ces lointains et de ces profondeurs que s'échappent les sources jamais taries de nos véritables croyances, (( les sources pratiques », le mot est de Kant ;

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