Léviathan, I, ch. vi
LA PHILOSOPHIE DE HOP.BES
deux l'emportera en quantilé ; or, bien souvent on recherche un bien accompagné de plus de mal qu'il n'est bon lui-même ; de là les expressions de bien et de mal vrai ou apparent.
Mais en définitive, le bien est dans ce qui nous plaît, le mal dans ce qui nous déplaît. Si donc l'on songe que le plaisir est inséparable du désir, que doit être le souverain bien ? ce ne peut être sans aucun doute une jouissance qui mettrait un terme à nos désirs, car elle cesserait du même coup :
« Puisque nous voyons que tout plaisir est appétence et suppose une fin ultérieure, il ne peut y avoir de contentement qu'en continuant d'appéter. » « C'est avec raison que les hommes éprouvent du chagrin quand ils ne savent que faire. Ainsi la félicité, par laquelle nous entendons le plaisir continuel, ne consiste pas à avoir réussi, mais à réussir 1. ))
« Non sentire, dit encore Hobbes, est non vivere » ; « Bonorum autem maximum est ad fines semper ulteriores minime impedita progressio. Ipsa cupiti fruitio tune cum fruimur appetitus est, nimirum motus animi fruentis per partes rei qua fruitur. Nam vita motus est perpetuus, qui cum recta progredi non potest convertitur in motum circularem2. »
La vie est course et effort ; « abandonner la course, c'est mourir 3. »
Volonté
Au moment d'étudier les formes diverses du plaisir et de l'appétit et les passions, Hobbes les appelle, en tête d'un chapitre du Léviathan ^, « les principes internes du mouvement volontaire » ; et, en effet, la volonté n'est pour