Regulx (édition Adam), p
ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
(tam lacilem distinctumque conceptum), qu'aucun esprit ne peut ni apprendre cette opération, ni la mal faire i, et que tout au plus peut-on comprendre qu'il en ignore les objets, si l'occasion lui a manqué de tourner vers eux son attention.
La déduction, de son côté, suppose le simple, et par conséquent une donnée intuitive, à son point de départ : Descartes la définit à plusieurs reprises l'opération qui « passe de l'un à l'autre », d'un terme à un autre terme qui le suit, ou mieux, qui s'ensuit immédiatement et nécessairement : « Deduciionem..., sive illationem 2 puram unius ab altero 3 » ; car la déduction dont il s'agit ici est telle que, le premier terme étant posé, le second s'ensuit nécessairement (necessariam deductionem) ^, puis du second le troisième, du troisième le quatrième, et ainsi de suite. Lorsque la deduciio ou ïillatio n'omet aucun terme interm-édiaire, Descartes affirme d'elle, comme de l'intuition, qu'elle peut « quidem omitti, si non videatur, sed nunquani maie fieri ab intellectu vel minimum rationali ^ ».
La déduction, à tous ses degrés, car nous allons voir qu'elle a des degrés, est donc, somme toute, aussi certaine que l'intuition : ce sont, au dire de Descartes, les deux opérations fondamentales de l'esprit, seules requises pour atteindre la certitude : « neque plures ex parte ingenii debent admitti ^ ». Toute intelligence, même « minimum rationalis », en est capable, ou les accomplit spontanément sans les apprendre : qu'on ne dise pas que la méthode les fait naître ; car si notre intelligence,^ avant toute méthode, ne savait point s'en servir, elle ne comprendrait jamais les préceptes d'aucune méthode, fussent-ils les plus simples du monde L'intuition et la déduction sont donc