Reg., VI ; « Absolutum voce quidquid, etc
LA MÉTHODE DE DESCARTES
sa pensée en donnant une liste de relatils exactement corrélative de la liste des absolus : « Est relatif tout ce qui est dépendant, ce qui est effet, ce qui est composé, particulier, multiple, inégal, dissemblable, oblique, etc. ; et ces relatils sont d'autant plus éloignés des absolus, qu'ils contiennent un plus grand nombre de rapports en subordination réciproque {quo plures eiusmodi respecius sibi invicem subordinatos continent^). »
Ce premier texte ne laisse aucun doute sur l'importance attachée par Descartes à ce qu'il appelle, d'un mot latin auquel il est, croyons-nous, le premier à donner une signification aussi forte, un respectus, en français, une relation ou un rapport ; mais voici qui achève de donner à sa pensée la dernière précision : ces rapports qui relient le relatif à l'absolu, nous ne devons pas nous contenter d'en apercevoir vaguement la continuité, et de constater qu'ils sont, selon les cas, plus ou moins nombreux : nous devons les déterminer avec soin, « les distinguer tous, et observer leur connexion mutuelle et leur ordre naturel, de telle sorte que nous puissions aller du dernier au premier, c'est-à-dire à celui qui est le plus absolu, en passant par tous les autres 2 ». Il y a plus, nous devons en fixer le nombre : « Les natures relatives, en effet, dit Descartes, ne peuvent être connues autrement qu'en les déduisant des natures simples, et cela, soit d'une manière immédiate (immédiate et proxime), soit par deux ou trois ou plusieurs conclusions distinctes, dont le nombre doit être noté (quarum numerus etiam est notandus), afin de reconnaître si les natures relatives sont éloignées de la proposition primitive et simple d'un nombre plus ou moins grand de degrés ; et tel est partout l'enchaînement des conséquences (consegfuentiarum contextus), d'où naissent les séries des objets de nos recherches, séries auxquelles toute question doit être ramenée, si l'on veut la soumettre à une méthode rigoureuse 3. »