De Corpore, IV, ch. xxv
3. « Per seriem imaginationum intelligo successionem unius cogitationis ad aliam, quam (ut distinguatur a discursu verborum) appelle discursum mentalem. » Léviaihan, I, ch. m.
182 ÉTUDES d'histoire de la philosophie.
à ce propos, Hobbes cite l'exemple devenu classique de l'homme qui, à propos de la guerre civile anglaise, demanda ce que valait le dernier romain.
L'autre série est dite régulière (« séries regularis ») i.
Du désir, vif et reparaissant sans cesse, naît la connaissance du moyen à employer pour arriver à la satisfaction ; cette connaissance,; d'ailleurs, est suggérjée par l'expérience, qui nous a montré ce moyen comme produisant l'effet désiré. Puis vient la conception du moyen de réaliser le moyen, jusqu'à ce qu'on arrive à un moyen qui soit en notre puissance immédiate.
Il existe sous ce rapport deux espèces de séries régulières ; la première existe quand nous concevons d'abord une fin dont nous cherchons ensuite les moyens ; elle donne lieu à l'investigation, à la recherche (sagacitas, solertia) ; elle est commune à l'homme et aux animaux. La seconde existe quand, imaginant un objet, nous cherchons son usage, ou les effets qu'il peut produire ; cette seconde forme est le privilège de l'homme seul et la vertu qui y correspond est la prudence, prudentia.
On appelle signe d'un terme un autre terme de la série soit antécédent, soit conséquent, qui toujours précède ou suit le premier : plus la succession a été constante, plus le signe est certains.
En deux mots, Louis Ferri apprécie cette doctrine de Hobbes ainsi qu'il suit : « Hamilton appelle avec raison ectte doctrine de Hobbes un aristotélisme mutilé. Car tandis que le Stagirite considère les mouvements, dont il établit les rapports d'associations comme des changements qui appartiennent à deux principes distincts de l'être humain, le philosophe de Malmesbury n'y voit que des phénomènes matériels 3.
1. « Secunda constantior est, ut quae ab aliquo fine desiderato regulata est. » Léviathan, I, ch. m.
2. Léviathan, I, ch. m. Le chapitre est intitulé « De consequenlia sive série imaginationum. » Cf. Nature humaine, p. 212.