‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie; avec une préf. de R. Thamin, et une introd. de J. GrosjeanChapitre 119 sur 170 · Leviathan. Pars I, ch. i. De sensu, p · texte numérisé non relu

Leviathan. Pars I, ch. i. De sensu, p

une réflexion plus attentive devaient amener Leibnitz à reporter à l'esprit le fondement substantiel de toute réalité et notamment du mouvement, tout en laissant subsister l'étroite corrélation du mouvement et de la conscience. A y regarder de près, on ne saurait, refuser l'élément de la mémoire et partant de la conscience à un conatus quelconque, non seulement si l'on veut comprendre comment il subsiste dans cette suite d'harmonies qui sont la conscience claire et qui, au gré de Leibnitz, sans que l'oubli en atteigne même un seul élément, résultent les unes des autres, mais même si l'on veut seulement concevoir la possibilité du mouvement ; le mouvement, en effet, ne serait dans l'espace qu'une somme de différences infiniment nombreuses, mais, à vrai dire, sans lien les unes avec les autres, s'il ne fallait chercher l'origine et le fondement de leur répétition dans une tendance qui dure et qui est le principe de leur intégration dans l'espace et dans le temps. Et du géométrique ou, en un mol. du corps à la substance ou à l'esprit, il y a cette différence que l'un est dans l'espace diffusion sans souvenir d'une unité qui dure, tandis que l'autre demeure par le souvenir le support durable de cette diffusion même, et, sans s'étendre elle-même, est vraiment le principe de toute extension.

Sans rien abandonner des vues profondes de Hobbes i sur l'étroite relation du mouvement et de l'esprit, Leibnitz dépasse donc d'emblée le point de vue de Hobbes, et à un tel degré qu'il incline dès lors, seinble-t-il, à faire du conatus une tendance et une force indestructibles, qui font déjà songer à la monade future. Telle était cependant la séduction exercée à cette époque sur l'esprit de Leibnitz par la géométrie, et telle était la nature privilégiée du conatus, cet infiniment petit qui reste géométrique, bien que son inextension le rapproche extrêmement de la nature de l'Ame, que Leibnitz, bien loin de songer à corriger l'excès

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