‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie; avec une préf. de R. Thamin, et une introd. de J. GrosjeanChapitre 164 sur 170 · Bnrûl, I, p · texte numérisé non relu

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LES PRINCIPES DE l' ENTENDEMENT PUR. 2Û3

speclata) et toute expérience possible. L'originalité profonde de ces synthèses consiste en ce qu'elles possèdent d'une part l'universalité la plus haute qui se puisse concevoir dans la connaissance humaine, car elle est adéquate à l'universalité des catégories mêmes, que le temps pur met en action en n'y apportant que le minimum inévitable de restriction sensible. Mais d'autre part la souplesse du temps est telle que le « Je pense » y dessine les formes universelles de la possibilité d'une nature, insistons davantage encore, de la possibilité de toute nature concevable pour un « Je pense » doué d'un sens intérieur, sans donner à cette nature autre chose que des conditions universelles d'intelligibilité, bref une Gesetzmâssigkeit, une conformité générale à des lois, bien plutôt que des lois proprement dites et positives. Et c'est ce dont, après tout, nous avons un sentiment très vif, lorsque nous disons que la science ne saurait chercher et découvrir des lois qu'en une nature dont nous sommes sûrs d'avance qu'elle est soumise à des lois (gesetzmâssig). Or la condition suprême d'une nature est, en un sens, le Moi pur et ses concepts purs ; mais en un autre sens une nature n'est possible et en tout cas connaissable pour nous que par une condition sensible qui à la fois la réalise comme telle (comme phénomène) et donne naissance aux schèmes d'où dérivent les règles universelles et les formes suprêmes de son existence. C'est à ces règles purement formelles que Kanl a réservé le nom de « principes (Grundsatze) de l'entendement pur », par opposition aux lois naturelles et même aux propositions des mathématiques (Sàfze) qui y trouvent leur fondement, mais qui l'y trouvent, comme déjà on peut s'en rendre compte, tout autrement qu'une conséquence logique ne trouve le sien dans les prémisses d'où la déduit la logique ordinaire.

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Les Grundsàlze en effet ne sont pas autre chose qu'une expression aussi compréhensive et aussi exacte et précise que possible, des sclièmes transcendantaux. Pas plus que les schèines ils ne sont donc des états fixes, et pour ainsi dire statiques de la connaissance, enveloppant avec les synthèses de l'entendement des données intuitives, et aboutissant par conséquent (ils ne le font pas du moins d'une manière immédiate) à ce que Kant appelle des concepts empiriques et des objets d'expérience et de science. Même l'idéal serait qu'ils laissassent transparaître ce qu'il y a de vie, d'action, ou, comme dit Kant, de spontanéité en même temps que d'universalité, dans le schème transcendantal.

Mais ne semble-t-il pas que si cette spontanéité n'était inexprimable, le Grundsalz et le schème deviendraient indistincts et ne seraient au fond qu'une seule et même chose ? Kant à la vérité les distingue l'un de l'autre : lorsqu'il songe à faire des Grundsàlze une déduction régulière et systématique, la formule qui résume sa méthode paraît bien être la suivante : Schématisez la catégorie, et le schème obtenu vous donnera le Grundsalz. Il y a plus : le Grundsalz est un iugement synthétique a priori, tandis que le schème, sorte de « monogramme de l'imagination pure a priori » i, comble pour ainsi dire l'intervalle de la catégorie au Grundsalz, et ressemble plus à l'unité de la première qu'à la forme du jugement que prend nécessairement le second. Or, à y regarder de près, ces distinctions nous livrent-elles le rapport véritable du schème et du Grundsalz ? Kant n'a jamais dit, sans doute, en termes exprès, que le schème fût un jugement ; mais si l'on songe qu'il ne faut pour constituer un jugement que deux éléments, un principe d'unification ou de synthèse, et une

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