‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie; avec une préf. de R. Thamin, et une introd. de J. GrosjeanChapitre 29 sur 170 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

oG ÉTUDES d'histoire DE I.A PHILOSOPHIE.

jusqu'aux derniers détails de ses doeltiiies, il avait raisoa de dire (|u'il n'était point cartésien ; mais il n'est pas douteux qu'il s'inspire de Descarlcs, et que dans le développement de sa propre pensée il ne le modifie point d'une manière essentielle. Sans doulo il ne l'a point lu à fond avant son ^oyag■e à Paris, et nous i)"a\ons aucune raison de révoquer en doute ses aflirmations à ce sujet ; ce qu'il en sait, il le sait de seconde main ; mais il le connaît assez pour porter sur Descartes certains jugements très justes, comme lorsqu'il lui reproche d'avoir mieux défini que suivi la méthode du physicien et d'a\ oir abusé de l'hypothèse en physique : « In Cartesio ejus methodi tantum propositum teneo ; nain cuin in rem praesentcm ventum est, ab illa severitate prorsùs remisit, et ad Hypothèses quasdam miras ex abrupto delapsus est, quod recte etiam reprehendit in eo Vossius in libro de Lucc i. » Au reste, qu'il ait été familier, même sans l'avoir lu à fond, avec les doctrines capitales de Descartes, des traits nombreux et caractéristiques de la lettre même à Thomasius le prouvent jusqu'à Tévidence : c'est ainsi qu'il adopte la distinction de la chose étendue et de la chose pensante et qu'il s'y appuie pour démontrer : 1° qu'en dehors de l'étendue et de la pensée, il n'y a point d'être ; 2° et qu'en conséquence, si la première cause du mouvement doit être cherchée en dehors du corps, elle ne peut être que l'Esprit. C'est ainsi encore qu'il reprend l'analyse célèbre de Descartes pour prouver que toutes les qualités sensibles étant supprimées, sauf l'extension (il ajoute, il est vrai, l'antilypie), le corps subsiste, et qu'il ne disparaît et toutes les qualités sensibles avec lui qu'avec l'extension et l'antilypie ; d'où il conclut, à la manière de Descartes : « Ex his patet naturam corporis constitui per extensionem et anlitypiam. » Enfin, le passage le plus frappant est celuipar lequel il se rallie à l'opinion cartésienne qu'il n'y anulle nécessité d'accorder une âme aux animaux 2.

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