D'après le titre même de la Theorla motu obsiracd
70 ÉTUDES d'iIISIOIRL; de la niILOSOPlIIE.
physique, étant l'œiu ro»dc Dieu, et « Dei geometrisantis », n'est pas seulement réel, comme le mécanique, mais est en outre exact, comme le géométrique i. . Seulement il importait au monde (intererat mundi, 187) que les lois abstraites du mouvement, bien qu'elles y soient au fond appliquées en toute rigueur, y corrigeassent elles-mêmes par leurs effets prochains leurs effets éloignés, au point de servir de fondement à des lois physiques qui semblent en différer du tout au tout. Et cela importait au monde, afin qu'il fût^rganisé pour le mieux, pour la plus grande convenance et pour le plus grand ordre. Supposez appliquées par exemple dans toute leur nudité et sans modification les lois abstraites de la réflexion, selon lesquelles les angles d'incidence et de réflexion sont inégaux, sauf le cas particulier de l'incidence de 30° ; et de là allait suivre que non seulement ni la vue ni l'ouïe ne sauraient exister (visus auditusque existere non posse 2), mais qu'à l'ordre du monde il manquerait quelque chose, dès lors qu'il échapperait par exemple à cette loi, selon laquelle la nature suit toujours les voies les plus aisées dans la production de ses effets, et de laquelle le géomètre déduit dirt^lement les lois de la réflexion et de la réfraction 3.
Pour obtenir et pour réaliser dans le monde la plus haute harmonie et la plus grande beauté, il fallait donc