‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie; avec une préf. de R. Thamin, et une introd. de J. GrosjeanChapitre 52 sur 170 · et li, p · texte numérisé non relu

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LA l'REMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBMTZ. 81

quent, rien d'autre que la vitesse d'un mouvement rectilisne et uniforme, considérée dans une durée infiniment petite.

A cet élément du mouvement, Leibnitz donne un nom qui, à lui seul, prouverait avec quelle fidélité il suit dans ce traité l'autorité de Hobbes : il l'appelle « conatus », empruntant à Hobbes, qu'il imite, non seulement le nom, mais à vrai dire la chose et sa définition. Et, pour le démontrer jusqu'à l'évidence, il suffit de rappeler la définition que Hobbes, après avoir défini dans le De Corporc la vitesse (velocitas est quantitas Motus per Tempus et Lineam determinata *), donne du conatus : « Conatuin esse motum per spatium et tempus minus quam quod datur, îd est determinatur, sive expositione vel numéro assignatur, id est, per punctum 2. »

Ce serait donc se tromper étrangement que d'attribuer originaireinent au mot conatus, comme on l'a fait souvent, et comme s'il était né chez Leibnitz d'une vue métaphysique, le sens vulgaire d'c//ori ou de tendance. Et quoiqu'il ait écrit plus tard dans le Phoranonius 3 que, dans la Theoria motus abstradi, il attribuait au « corpus in motu positum », « conatum quemdam seu (ut vcrbo Erhardi Weigelii '*, insignis in Saxonia malhematici, utar) tendeniiam », il faut bien se garder d'être dupe des mots : tendance et conatus signifient l'un et l'autre, comme le prouve la suite môme du texte du Phoi^anomus, « initium p-^rgendi », la vitesse prise pendant une durée infiniment petite, sans qu'à celte grandeur infiniment petite et purement géométrique on ait le droit d'attribuer autre chose qu'un sens purement phoronomique, bien loin qu'il soit métaphysique ou seulement dynamique.

Le propre du conatus est donc de parcourir dans une ■durée plus petite que toute durée donnée un espace plus

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