‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie; avec une préf. de R. Thamin, et une introd. de J. GrosjeanChapitre 63 sur 170 · Galihjo et Iluygens · texte numérisé non relu

Galihjo et Iluygens

LA P±|SIa1IÈRE philosophie DE LEIBMTZ. 95

mouvement et du conalus, doù il était parti, que s'il soutenait aussi, en le dérivant du principe de l'inertie i, le principe de la conservation du moment ou de la quantité de mouvement, c'était et ce ne pouvait être qu'au sens, on pourrait dire grossier et exclusivement phoronomique, de la quantité de vitesse. En cela il suivait d'une manière exclusive l'autorité de Hobbes, et la suivait au point d'aboutir, sans se préoccuper de la doctrine cartésienne, à deux conséquences formellement opposées aux principes de

Descartes.

La première, qui eut justement bientôt 2 pour effet d'éveiller son attention sur la fausseté des principes de Vlhjpothesis, était que, à ne considérer dans le mobile que sa ^itesse, même si les conatus se compensent dans le choc plus qu'ils ne se détruisent, il ne s'ensuit pas moins qu'ils s'ajoutent ou se retranchent comme de pures quantités et que si lorsqu'ils s'ajoutent, la vitesse totale ne peut jamais s'accroître, en revanche lorsqu'ils se retranchent elle ne saurait manquer de diminuer toujours.

L'union des conatus qui se compensent ainsi dans chacun des mobiles n'empêche donc pas du tout, mais au contraire entraîne, dans tous les cas de concours et de composition, une perte de vitesse qui ne peut manquer de tendre à l'extinction totale du mouvement dans le monde. Et c'est pourquoi Leibnitz, non seulement en 1689, dans le Phoranomus, où il juge ce résultat inadmissible, mais déjà dans un fragment écrit vraisemblablement Hans le même temps 3 que VHijpothesis, où il en tire au contraire l'occasion d'attribuer à l'esprit la cause du mouvement^, exprimait formellement l'opinion que, dans la nature, le mouvement diminue, et même que le choc et la composition du mouvement fait tendre tous les corps vers un état

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