A Fabri, Prop. 12, Gerh., PhiL, IV, p
2. Conclusio, p. 218. Cf. Ibîd., I, p. 7S. Disjicît, Dejicît.
3. A Fabri, prop. 11, Gerh., PMI., IV, 251. Dans les paragraphes 26 et 27 de la Th. M. C, Leibnitz exphque en partant de ce principe la rentrée de l'air dans les vases où on a lait le vide, et la rapidité avec laquelle il sort de ceux où il a été comprimé.
Bien plus, on ne voit pas pourquoi celte force de dispersion manquerait de s'exercer sur un corps quelconque et notamment sur ses parties intégrantes, sauf à reconnaître qu'elle ne triomphe pas toujours de la cohésion de leurs éléments ; et voilà pourquoi sans doute Leibnitz attribue à tous les corps sensibles une élasticité pour ainsi dire essentielle qui n'appartient point au corps « per se consideratum », mais qui résulte en lui « quasi perpétua aetheris ventilatione... » « Sed admirando Creatoris si\e artificio sive ad vitam necessario beneficio, omnia corpora sensibilia ob aetheris circulationem per hypothesin noslram sunt Elastica : igilur omnia corpora sensibilia refleclunt aut refringunt. NuUum vero corpus per se consideratum, nisi perpétua aetheris ventilatione aniraaretur, reilecteret vel refringeret, saltem his quae vulgo feruntur legi-
bus At corporum sensibilium alia plane faciès; omnia
enim dura sunt motu quodam intestine in se redeunte ; omnia discontinua sunt, unde caeteris paribus plus efficit moles ; omnia Elastica sunt, seu compressa ac mox sibi relicta, ab aetheris gyratione in statum priorem restituuntur i, »
L'agent universel de l'élasticité est donc l'éther, qui la communique, semble-t-il, à tous les corps et à toutes les parties des corps (jui s'y trouvent plongés ; et à ce sujet la doctrine de Leibnitz ne variera plus ni en ce qui concerne l'attribution de l'élasticité à tous les corps sans exception, ni en ce qui concerne l'agent qui la produit 2. H semble toutefois que l'ac-
1. Ibid., § 21, 188. Quant ù la force élastique qui ramène les corps dilatés à leur forme primitive, Leibnitz semble l'expliquer par la/ compression correspondante du milieu environnant : « bine vis Elastica scu restitutoria non compressorum, sed et per consoquens dilatatonun, cjuia omnis dilalatio unius esl compressio allcrius. » Conclusio, 218.
2. Bien que Leibnitz, à l'époque de la Monadoloffie, ait ciierchô le fondement de l'élasticité essentielle des corps dans le principe métaphysique de la spontanéité de la substance, en vertu diiqucl il ne se produit en elle nulle action qui ne dérive de son propre fonds, il n'enseigne pas moins qu'en tant que phénomène et dans la nature, elle doit être rapportée à l'action d'un lluide inliniment
122 ÉTUDES d'histoire de la philosophie.
lion dispcrsive de l'cllier ne produise ses effets que sur les corps les plus subtils (corpora subtiliora) comme l'air i, tandis que sur les plus durs (duriora, densiora) prédomine l'action gravitative ; en sorte que Leibnitz se trouve amené à demander la cause prochaine de l'élasticité des corps visibles à l'air élastique qui en remplit les pores, quoique la gyration de l'éthcr en demeure toujours la cause première, mais pour ainsi dire éloignée. De cette ingénieuse tliéorie qu'il développe vers 1674-1675 dans une lettre à Claude Perrault publiée par Gerhardt^ (Archiv I, 567) nous trouvons l'exposition méthodique dans la prop. 12 de la lettre à Fabri 3 : « Nimirum ex sola etiam gravitatc scquitur vis Elastica in crassioribus, quemadmodum videmus embolum, quem antlia extraximus, manu dimissum magna vi introrsum redire pondère aëris incumbentis. Manifestum est autem corpora solida, inaequalitatibus distincta... », etc.
subtil en comparaison du corps considéré ; et même il n'est pas de fluide si subtil qui ne tienne son élasticité propre d'un autre plus subtil, et ainsi de suite : « Elasma ego corporibus essentiale puto ex rerum ordine et metaphysicis principiis, etsi in natura non aliter quam per fluidum intercurrens peragatur. In quo plane assentior Cartesio et Hugenio. Sed vel hinc sequuntur, ut sic dicam, Mundi in Mundis, atque adeo nullum esse Elementum primum, sed ipsum fluidum Elastrificum, etsi respectu corporis cui Elasma conciliât, uniforme videatur et simplex, rêvera tamen rursus proportione sua constare ex corporibus qualia sunt illa quœ videmus, atque adeo et ipsa rursus alla subtiliore lluido ad proprium Elasma indigere, et sic iri in inlinitum. Lettre à de Voleter. Gerh. PMI., II, 161. Cf. Spécimen dynamieum, II, Gerh. Math., VI, 249. L'universelle élasticité des corps est donc le mode sous lequel apparaît dans la nature physique, l'universelle spontanéité des substances ; et la variation à l'infini de la subtilité des fluides élastrifica résulte de la composition à l'infini des corps et du principe métaphysique de la continuité. Quoi qu'il en soit, le phénomène physique de l'élasticité recevra dans la première comme dans la deuxième période de la vie de Leibnitz la même explication.
1. A Mons. Perrault. :Archiv., I. 567.) « Car le même éther qui rencontre des corps solides qui ne le peuvent point suivre avec une vitesse égale à la sienne, fera un effort alternatif, c'est-à-dire ou de les dissiper pour les rendre aussi subtils que luy, comme par exemple de l'air même ; car il sernble que l'air se dilate tant qu'il peut, naturellement quand il n'y a rien qui l'empêche... »