Arcliiv. I. ."i^O
cœpi, uli'uni laïc esset Ens in natiira, quod spatiurn vocant » ; et il est très vraisemblable que ces doutes lui furent suggérés par les tendances mêmes des idées principales de l'Hypothesis.
Quoi qu'il en soit, même s'il fait encore de l'espace dans VHypolliesis « tanquam locum realem immobilem, sola extensione praedilum », on peut dire qu'il ne comporte plus à ses yeux rien de tel que ces éléments purs, rigides et absolus 1, où l'atomisme de Gassendi et où Descartes luimême, au dire de Leibnitz, voyaient les fondements des choses, mais qu'ils s'y déterminent et s'y conservent par la perpétuité du mouvement, A la place de l'élément absolu et inorganisé, il substitue pour toujours un élément pour ainsi dire vi\anl et organisé; et même il faut qu'il enveloppe à l'infini d'autres éléments vivants et organisés, s'il n'y a point de vide, et s'il n'y a point non plus de partie du temps, « in quo non cuilibet corporis parti \el puncto aliqua obtingat mutatio \ cl motus ^ ». De là ces propositions remarquables où s'annoncent déjà les principes de la Monadologie, à savoir : « Cum continuum sit divisibile in infinitum, quaelibel atomus erit infinitarum specierum quidam velut mundus, et dabuntur muridi in mundis în infinitum 3 » ; et dans le Pacidius Philalethi : « NuUum esse corpus tam exiguin, in quo non sit infinitarum creaturarum mundus *. »
On peut donc dire que dans Vlhjpothesis Leibnitz a, pour la première fois, définiti\ement rompu avec l'esprit de la philosophie atoinistique ; et s'il y enseigne encore, comme il l'enseignera toujours, que tout se fait mécaniquement et même géométriquement dans la nature, l'excès géométrique des définitions et des lois du mouvement (|u"il y formule ne l'empêche point de pressentir dès lors qu'il y a quelque chose de réel et d'absolu dans le mouvement
1. Prop. 20 de la Lellic ù FabiL Cf. '/'/(. M. C. Gcrii., PhlL, IV,