‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 133 sur 319 · Quatnèmes obiections. Cousin, II, pp. U sq · texte numérisé non relu

Quatnèmes obiections. Cousin, II, pp. U sq

ÉTUDES d'histoire DE LA, PllILOSOPHip.

l'a dit pourtant en propres termes ; bien plus, que, pour juger de leur « confusion » vraie ou de leur « distinction » vraie, il ait fallu au préalable apprécier leur fausseté ou leur vérité matérielles, c'est ce qui semble ressortir du fait qu'il ignore encore si elles sont vraies ou fausses, même quand leur « confusion » est à un degré extrême. Alors que faut-il donc, sinon être en état de comparer chaque fois l'idée à son objet, pour apprécier sûrement la

vérité de l'idée ?

Dans celte conséquence absurde, Descaries n'est point tombé ; et s'il n'y est point tombé, c'est qu'il croyail que ridée possède par elle-même les éléments qu'il faut pour cette appréciation. Si, comme Arnauld le soutient, une idée représente toujours quelque chose, c'est qu'il y a aussi toujours quelque chose qui la remplit ou qui en détermine le contenu : l'idée du froid ne représente point le froid ; mais elle a pour support, en fait, un sentiment i, et pour objet, nous pouvons l'ajouter, un certain mouvement de particules matérielles. Il n'y a pas d'idée, en un mot, qui ne contienne du réel, pas d'idée rigoureusement privative ou négative, ce qui, même pour l'idée, équivaudrait à n'être rien. Mais ce qu'elle contient de positif risque parfois d'y être si peu de chose, ou d'y être recouvert, étouffé, obscurci par tant d'éléments étrangers (par exemple, par des sentiments, comme c'est le cas pour l'idée du froid), que nous n'en avons plus la perception exacte. Bref, la plupart de nos idées résultent du mélange, en proportions variables, d'éléments qui représentent du réel et d'éléments qui ne représentent rien, d'éléments positifs et d'éléments négatifs, en un mot d'être et de non-être ; et la contradiction en est le signe extérieur ; mais elle n'en est que le signe ; et pour l'apercevoir, il faut toujours descendre jusqu'au fond de l'idée et en analyser le contenu positif, qui ne sau rail répugner qu'avec le négatif, la borne, ou le néant. Quoi qu'il en soit, la contradiction est le signe infaillible,

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