‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 221 sur 319 · Theor. m. conci · texte numérisé non relu

Theor. m. conci

Cui addo, \ix punclum sensibile in vftsto illo spatio designari posse, per quod alicujus astri radius ad nos tendens non aliquando transeat. Radium autem lucis non esse sine corpore, pro certo sumo, sunt enim omnes lucis effectus corporei, ut qui hoc negat, pari jure corpora in universum negare posse videatur i. »

Dans la lettre à Fabri que nous venons de citer, il semble que Leibnitz, attribuant à l'éther des mouvements revenant sur eux-mêmes ou circulaires, ait songé à en déduire la formation de la terre, qui, étant liquide, se serait arrondie sous l'action de l'éther à la manière d'une goutte, en vertu de la proposition 7 : « fluida fluidis heterogeneis circumdala in gultam rotundam colliguntur. » On ne voit pas d'ailleurs ce que pouvait y gagner l'hypothèse : car on ne faisait point disparaître ainsi, mais bien plutôt on postulait l'iiélérogénéité, « vix explicabilis », de la terre liquide et du fluide éthéré.

Dans la Theoria motus concreti, le rôle de l'éther est réduit tout d'abord à la transmission dans tous les sens à partir du centre du soleil des rayons lumineux émis par ce dernier. Et comme on ne peut admettre la communication pure et simple de la gyration solaire à l'éther qui l'entoure, ainsi que l'enseignaient Torricelli et Hobbes, laquelle ne pourrait s'expliquer que par une action de frottement inexplicable par les luis du mouvement abstrait, il fallait supposer dans le soleil outre son mouvement de rotation primitif, un mouvement par lequel il projette hors de lui-môme en ligne droite des parties dont le mouvement se communique à l'éther conformément aux lois du mouvement abstrail. Ce mouvement des particules solaires n'est ^as dû davantage à l'action centrifuge de la rotation du soleil, sa lis quoi depuis longtemps elles se seraient toutes dissipées dans l'espace (alioquin dudum omnes avolassent) ; mais si seulement on admet le concours dans le soleil do mouvements parliculiers circulaires, « aut alio-

1. Ep. O'J Fabri, prop. l, p. 310. Cf. Th. m. concr., § 5, p. 182.

aV

ÉTUDES d'uISIOIRE DE LA PUILOSOPUIE.

quin in se redenutium », d'après le problème 7 de la Theoria molus absiracU, les particules qui se heurlent devront prendre la direction de la bissectrice extérieure de l'angle de concours, et animeront Téther de mouvements en ligne droite et dans tous les sens à partir du centre du soleil en vertu de la loi de la propagation à l'infini des conatus dans le plein. Par tous les points de sa surface le soleil agit ainsi hors de lui-même (agit extra se), et la continuité de l'éther ou sa divisibilité à l'iulini nous induit d'autre part à penser : « Non posse dari punctum sensibile circa solem ad tellurem usque et ultra, ad quod non quolibet instanti sensibili radius aliquis solis, id est aetheris agitalio per emissam a sole recta linea parlem (etsi non pars ipsa) pervenial. Quae res ob divisibilatem cujuslibet continui in partes quantumvis parvas in infinitum non est difîicilis explicatu i. »

Sans produire une dispersion des parties du soleil dans l'espace comparable à celle qui résulterait du mouvement centrifuge dû à la gyration générale du soleil, les mouvements circulaires particuliers des parties du soleil engendrent donc dans tous les sens des mouvements rectilignes de l'éther, qui viennent frapper la terre, en l'éclairant, avec la vitesse prodigieuse de la propagation de la lumière. Et leur premier effet, avec une telle vitesse, est d'introduire dans notre globe primitivement homogène une différentiation rapidement progressive et une hétérogénéité qui va jusqu'à l'infini.

Quelle que soit, en effet, la densité primitive de la terre (et c'est arbitrairement que Leibnitz la suppose moyenne entre celle de l'air et celle de la terre, c'est-à-dire approchant de la densité de l'eau *), il faut faire à l'égard de celle-ci la supposition la plus simple et la considérer comme homogène dans toutes ses parties. Cependant, en

1. § 5. Et Leibnitz ajoute colle réilexion pênétranlo : «< Qrteriim ex his, ut obiter admoneani. nrcessario demonstrari polosl, impossibile esse, ut sol luxerit ab aeterno, nisi sit unde perpetuu rcparelur. » P. 182.

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