DIEU
A la philosophie, où d'autres ne voyaient qu'une spéculation pure, c'est un trait à noter de la pensée de Leibnitz qu'il demandait, en outre, un moyen d'assurer le bonheur des hommes* et une satisfaction à leurs aspirations morales et religieuses 2 : et ces aspirations, entretenues chez lui, comme plus tard chez Kant, par la piété ardente de ceux qui l'avaient élevé 3, étaient chez lui si vives qu'elles entraînent son esprit jusque dans le développement de ses doctrines spéculatives. Plus une doctrine lui paraissait solide et rationnellement fondée, plus il lui semblait a priori impossible que, loin de contredire à l'existence de Dieu ou à l'immortalité de l'âme, elle ne nous donnât point au contraire des ressources imprévues et des lumières toutes nouvelles*. Et c'est très sincèrement qu'il est, avec Bacon, convaincu que « philosophiam obiter libalam a Deo abducere, penitus haustam reducere ad cumdem 5 ». Là est, à coup sûr, le secret de la tendance qui,