Ibid., I, 33, 19/20 décembre
LA PREMIÈRE PHII-OSOPmE DE LEIBNITZ.
ou, comme il dira plus lard, dans le inonde des esprits et dans le Règne de la GrAce. Dans l'etfort ingénieux qu'il tentait pour réduire à la figure les formes substantielles, puis la figure elle-même au mouvement qui postule un premier moteur, Thomasius * lui reprochait, non sans quelque raison, de se tenir moins près d'Aristote 'que d'Epicure, et la vérité est (juc, quoiqu'il ait, en fait, concilié le mécanisme de l'un et la finalité de l'autre, il est en somme infidèle et à l'un el à l'autre, à l'un quand il refuse d admettre l'éternité de l'atome et du mouvement, à l'autre (|uand il affranchit le mouvement de l'étroite finalité des formes substantielles. Ni d'Aristote, ni d'Epicure ou de son maître Démocrite, ni même de Descaries, on ne saurait donc faire de Leibnitz le disciple, au sens étroit du mot, dans celte doctrine où il rapporte à Dieu, comme à leur cause première et comme à leur principe, les mouvements de l'univers, et où se fait jour déjà l'unité supérieure du Règne de la Nature et du Règne de la Grâce.
Lorsqu'il faisait du mouvement, dans ses lettres à Thomasius, en ne laissant à peu près à la matière première d'autre exisloncc concevable que celle de l'espace, le facteur essentiel de l'existence des corps et de toutes leur» déterminations, au point qu'un peu plus tard il pouvait écrire à Arnauld ^ non seulement que dans la nature tout est en mouvement, mais, en termes décisifs, que tout y est mouvement, Leibnitz faisait faire à sa philosophie un progrès remarquable, d'une part en consacrant l'unité de l'objet qui devait désormais s'offrir aux réductions de l'analyse el de la science, de l'autre en rapprochant de Dieu la nature dans la même mesure qu'il rapprochait le