‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 283 sur 319 · L.\ rRE.MiÈnE philosophie de leibnitz · texte numérisé non relu

L.\ rRE.MiÈnE philosophie de leibnitz

ment ; il reste que ce soit du dedans qu'il le produise tout à la fois et qu'il le conserve, quand aussi bien la nature du mouvement est telle que c'est tout un pour lui que d'être simplement, ou que d'élre conservé. Ce qu'il fallait montrer, c'est donc que le mouvement postule dans l'esprit encore plus qu'une cause efficiente et motrice, à savoir un fondement persistant et immanent ; et tandis qu'un esprit unique eût suffi après tout à l'unique impulsion que réclamait le monde d'un moteur transcendant, place allait être faite dans la doctrine nouvelle et à un Dieu unique qui demeure pour Leibnitz non seulement Vultima ratio *, mais rharmonie des choses, et à autant d'esprits peutêtre qu'il y a dans l'espace infini de mouvements distincts, ou du moins d'éléments et de commencements de mouvement. Pourvu qu'elle épargnât, même en les rapprochant, la distinction foncière du mouvement et de l'esprit, la doctrine nouvelle préservait donc, en outre, la multiplicité des ûmes individuelles, que la doctrine ancienne n'obligeait nullement à distinguer de Dieu.

On sait déjà comment, en approfondissant la nature du mouvement, Leibnitz fut conduit à trouver dans ses lois et même dans son essence l'action toujours présente de l'esprit qui le soutient, et en ùernier ressort de Dieu qui apparaît comme le monarque commun des corps et des esprits. La science du mouxeniciit donnait ainsi sur l'esprit ot sur Dieu des démonstrations jusqu'alors inconnues, et, ne fat-ce qu'à ce titre, exigerait qu'on apportât la dernière rigueur dans la détermination des lois du mouvement ^.

Or, le trait le plus frappant de ces lois rigoureuses est qu'entre les mouvements qu'elles feraient prévoir ou les mouvements abstraits, et les mouvements sensibles ou concrets de la nature, elles accusent dès l'abord de telles divergences qu'elles font comme toucher du doigt la nécessité, pour nous dans l'ordre de la conniissance, pour

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