L'ANCIEN DROIT SCANDINAVE — LISLANDE
Papmi les pays Scandinaves Tlslande mérite une attention toute particulière. C'est là en effet que se trouvent les plus anciens monuments de la langue et de la littérature du Nord. Les lois islandaises, telles que nous les possédons^ ne remontent pas plus haut que celles du Danemark, de la Suède et de la Norvège, mais elles portent plus profondément l'empreinte du droit primitif.
Découverte et colonisée par les Norvégiens au ix* siècle, rislande est restée une République indépendante pendant trois cents ans, jusqu'au jour où elle fut réunie à la couronne de Norvège par le roi Haakon Haakoossôn (1262- 1264). Pendant toute cette période, le pouvoir législatif appartient à l'assemblée générale {AlUing). Nous possédons plusieurs monuments du droit de cette époque ; les plus importants sont l'ancien droit ecclésiastique rédigé en 1123, et surtout le recueil général du droit islandais connu à tort sous le nom de Grâgâs. Ce nom, qui signifie oie grise, est tiré de la couverture du livre. Lorsqu'on trouva un des manuscrits de ce recueil en Norvège, au xvii* siècle, on crut y voir un exemplaire des lois que la légende attribuait au roi norvégien S* Olaf, et Ton donna au vieux
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Gode islandais le nom que la légende avait donné au Gode imaginaire d*Olaf. Quoi qu'il en soit, ce recueil n*a pas de caractère officiel. C'est une sorte de coulumier, dont nous possédons deux rédactions différentes, écrites au moment où rtle se soumettait au roi de Norvège; en effet, Tune se place entre 1258 et 1262, Tautre entre 4262 et 1271.
Un des premiers soins du roi de Norvège, devenu maître de l'île, fut d'y introduire la législation norvégienne. En 1270, il envoya en Islande un code, qui fut adopté par TAIIting, de 1271 à 1273. Ge code, emprunté aux anciennes lois norvégiennes, porte le nom de la Gôte de fer (Jdrnsida) probablement encore par allusion à la reliure dont il était couvert. Mais les Islandais le trouvèrent trop éloigné de leurs anciennes routumes. Aussi, dix ans après, en 1280, le roi de Norvège Erik, fils de Magnus, envoya en Islande un nouveau code que son père avait fait préparer, en partie d'après l'ancien droitislandais et en partie d'après le Code général norvégien de 1273. Ce livre fut porté en Islande par le lagmand Jôn Einarsson, et accepté, quoique non sans difficulté, par le peuple et le clergé. Il est connu sous le nom deJônsbok et forme encore aujourd'hui la base du droit islandais^
Une nouvelle loi ecclésiastique avait été publiée en 1275. Elle porte le nom d'Arne, évêque de Skalholt.
1 II y a trois éditions du Grâgàs. La première, publiée à Copenhague en 1829, par Thord Sveinbiôrnson, avec une traduction Jatine, a le tort de réunir et de confondre deux textes différents. Il fallait publier ces deux textes séparément. C'est ce qui a été fait par M. Finsen, d'abord pour le Codex regius (texte et traduction danoise, Copenhague, 2 vol. in-8o, 1852-1870) *et ensuite pour le Codex Ama-Magnieanus (Copenhague, 1 vol. in-S», 1879; texte islandais sans traduction).
L'ancien droit ecclésiastique, de Tan 1123, a été publié par Thorkelin (Copenhague, 1776, in-8«).
Le Jâmsida est compris dans le Recueil des anciennes lois norvégiennes, tome I, p. 259. Une édition avec traduction latine a été donnée par Thord Sveinbiornson (Copenhague, 1847, in-4o).
Le Jônsbok se trouve dans le mçme recueil, tome IV, p« 183. Il en existe une mauvaise traduction danoise.
Enfin il existe aussi un Diplomatarium islandioum.