Capitularia, éd. Boretius et Krause, t. II, p. 36 i
2. Hincmar, Coronatio Ludowici II (Ed., Krause, t. II, p. 363).
3. C'est sans doute pour cette raison que les capitula promulgata de 877, seuls, ont été conservés par les recueils des Capitulaires. Le reste n'était que préliminaire de la loi, procès-verbal ou expression de la volonté particulière du souverain (Pertz, I, p. 5 3 7). Aussi, à mon avis, est-il très regrettable de voir figurer dans la dernière édition, la plus sévèrement établie des Monumenta, le recueil de MM. Boretius et Krause, (P. 355-P. 361), au même titre et presque comme deux capitulaires distincts, une ordonnance d'un caractère définitif, approuvée par les grands et promulguée, et un texte piovisoire, presque un procès-verbal. Ce dernier texte eût été mieux à sa place dans les appendices qu'on ne saurait trop féliciter M. Krause d'avoir constitués d'une manière distincte. C'est ainsi que nous voyons figurer dans ces appendices des articles du concile de Beauvais que les grands, à l'assemblée d'Epernay, avaient rejetés. (Ed. Krause, p. 261-403.)
L'ASSEMBLÉE DE Q^UIERZY-SUR-OISE i53
le 1 4, le 1 5 et le 1 6 juin. Les deux premières journées avaient été employées à la discussion des articles, la troisième à leur promulgation. Car nous savons que si, en ces réunions, Charles le Chauve faisait autre chose encore que consulter ses fidèles sur la rédaction de ses ordonnances, comme de recevoir leur tribut, il le fit après la clôture de l'assemblée : « pro liberanda dona secum aliquantis diebus monere prxcepit ' ».
L'aristocratie laïque avait, dans ces deux jours, nettement déclaré à Charles le Chauve une hostilité qui s'annonçait déjà par le refus des seigneurs les plus considérables de venir à Quierzy, qui aboutit à l'abandon total de l'Empereur livré aux attaques de ses neveux en Italie.
Ce n'est pas cependant dans ces événements antérieurs ou postérieurs, encore moins dans une comparaison, nécessairement fausse des assemblées carolingiennes avec notre régime parlementaire, que j'ai cherché les preuves de cette hostilité : M. Fustel de Coulanges a paru le croire et me le reprocher. C'est dans le texte seul de cette réunion, conservé comme par miracle que, fidèle à la méthode de ce maître excellent, je me suis efforcé de découvrir, et de ressaisir les traces du conflit provoqué par le départ de l'Empereur en 877 pour l'Italie.
Je persiste à croire que la lecture de ce texte, dégagée de toute prévention, de tout esprit de système, les contient toutes. J'ajoute que, sans le désaccord qu'il nous révèle entre l'Empereur et les Grands, il me semble encore aujourd'hui impossible d'expliquer au vrai les articles de Quierzy-sur-Oise.