Voy.mon Étude sur le Liber Censuum, p. i32 et i
2. Il faut noter cependant que la lettre de Pascal II que l'on a cru souvent adressée à l'arclievêque de Pologne (Jaffé-Lœwenfeld, n" 6570) concerne en réalité l'archevêque de Spalato,
3. Voy. Delisle, dans Notices et extraits des manuscrits, t. XXXII, p. 75. Ce provincial est contenu dans un des manuscrits du fonds Libri conservés à la Bibliothèque Laurentienne (n° 1554); dans le catalogue des papes qui est joint à notre Notice géographique la durée du pontificat de Calixte II a été marquée après coup, ce qui nous donne la date extrême du document.
Nous voyons apparaître ici un évêché nouveau, celui de Plock. C'est sans doute une fondation de Boleslas II Smialy. Une source utilisée et interprétée par la Chronica majoris Polonix rapportait vraisemblablement ce fait, qui a été mal compris par l'auteur de la chronique, à savoir que (( Boleslaus dux fondavit ecclesiam cathedralem Plocensem, vero suce essor ejus post eum ecclesiam Kuiaviensem quae Vladislaviensis nuncupatur. » (L'hypothèse est de Ketrzynski, Biskupstwa i klasztory polskie iv X. i XI. wieku, p. 2 5). Or, nous allons le voir, c'est Boleslas Krzywousty qui est le fondateur de l'évèché de Wloclawek ou Cujavie.
Il ne faut pas oublier pourtant que Baszko, au chapitre 11 de sa chronique, attribue à Boleslas 1er [g fondation de l'église de Cujavie et à Mieszko II la fondation de l'église de Wloclawek. Mais il y a là une confusion facilement explicable. Tout au plus pourrait-on admettre une fondation éphémère du Xle siècle. — Cf. J. Fijalek, Ustalenie chronologie birkupôw Wloclawskich, CncoYie, 1894, p. 6 et 8.
4. « Gualo episcopus Belvacensis sedis apostolicae legatus intrat Poloniam anno 1104. » [Annales capituli Cracoviensis, Mon. Germ. Script., t. XIX, p. 588,1. 37). Cette légation est peutêtre de l'année précédente, car dès le 29 juillet i 104, Galon, nommé évêque de Paris, était de retour en France et assistait à la réunion de Beaugency i^Gallia christiana, t. VI, col. 5 5).
5. Nous connaissons cette légation par une lettre d'Eugène III du 4 avril 1 148. La première mention certaine de Gilles comme évêque de Tusculum est du 6 avril 11 23 (Jaffé-Lœwenfeld, n" 7o56) ; la bulle du 28 décembre 1121, dans laquelle il est désigné sous le nom de Clinitius, est apocryphe (Revue des questions historiques, t. LUI, p. 5 20). — En 1128, nous le trouvons en Orient, comme légat ( Jaffé-Lœv»enfeld, n° 7917); en ii3o il embrasse le parti d'Anaclet II, et il ne rentre en grâce auprès d'Innocent II qu'à la Pentecôte de l'année 1 1 38, c'est-à-dire au moment où mourait Boleslas.
lyo PAUL FABRE
Les conférences entre le prince et le légat aboutirent à une nouvelle répartition ecclésiastique du territoire polonais. Vingt ans plus tard, Eugène III se référait, pour fixer les limites de l'évêché de Wloclawek, à la charte constitutive de ce diocèse, donnée d'un commun accord par Boleslas et le cardinal de Tusculum '. Mais l'évêché de Wloclawek n'était pas le seul qui eût cette origine. Une bulle d'Innocent II, sur laquelle nous reviendrons tout à l'heure et qui porte la date de i i33, mentionne en Pologne un nombre d'évêchés bien supérieur à celui qu'indiquait le provincial antérieur à la mort de Calixte II : « Inter Albiam et Oderam Steiin et Lubus ; ultra Oderam vero Pomerana, Poztnan, Gnezen, Craco , Wartlzlaw , Cruciwiz, Mazovia et Lodilaensls'. » En sus de Gnesen, Posen, Cracovie, Breslau et Plock (appelé ici Mazovlensls,din nom de la région), nous voyons apparaître, se déployant en forme d'éventail au nord de l'ancien noyau, les évêchés de Stettin, de Lebus (sur l'Oder), de Poméranie, de Kruschwitz et de Wloclawek (Loc?j7aens;s), sur la Vistule. Deux de ces évêchés toutefois ne subsistèrent point : Stettin se fondit presque aussitôt dans le diocèse de Poméranie, qui s'étendit sur les deux rives de l'Oder -\ et Kruschwitz, réuni à Wloclawek "*, constitua avec lui le diocèse de Cujavie, dont Wloclawek demeura lechef-lieu. Dans leur ensemble, les nouveaux évêchés témoignent de l'activité évangélisatrice de Boleslas III. Grâce à lui, la Pologne chrétienne s'étend vers le nord et le nord-ouest aux dépens des Poméraniens que Boleslas soumet par les armes et que son missionnaire, Otton de Bamberg, conquiert à la vraie foi. Mais cela encore se fait avec l'assistance directe du Saint-Siège. C'est « avec la permission, la bénédiction et le commandement du pape qu'Otton prend sur ses épaules le lourd fardeau de son apostolat^ », et le légat du Saint-Siège vient confirmer les fondations nouvelles ^.
1. Bulle du 4 aviil i i 48 (Jaffé-Lœwenfeld, n" 9222). « Statuentes ut terminos tui epicos- « patus, quemadmodum a bonas memoriœ Aegidio Tusculano episcopo tune apostolicse sedis « legato et a Bolezlao nobili ejusdem terrae statut! sunt, absque diminutione allqua tu et tui « successores in perpetuum possideatis. »