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LA POLOGNE ET LE SAINT-SIÈGE DU X« AU Xlir' SIÈCLE 175
deniers ou un crible d'avoine ■ ». Dès l'année iBiç, nous trouvons à Avignon Bertold de Ratibor qui vient, au nom des princes de Silésie, protester contre l'interdit qui a été jeté sur leurs terres à la suite des difficultés soulevées par l'application du nouveau régime '. Et c'est à ce nouveau mode de perception que fait encore allusion une curieuse lettre adressée en 1824 par Henri, duc de Posen et de Glogau, au pape Jean XXII : « Denarium vero sancti Pétri, licet modo insolito exigatur, ipsum tamen ego et [ratres mei in signum obedienliœ, qaa sanctissimae paternitati vestrœ ac apostolicœ sedi immédiate nos recognoscimiis esse subjectos, in omnibus terris et districtibus nostris solvendum mandavimus reverenter'K Ce sont toujours les peuples qui paient, mais ce sont les princes qui ordonnent ou autorisent le paiement ; ils en sont moralement responsables devant le Saint-Siège et la redevance continue à être le symbole de l'obéissance que doivent les princes à un pouvoir dont ils relèvent directement, eux et leurs Etats.
Au siècle suivant, Jean Dlugosz, dans son Histoire de Pologne, insérait, sous l'année iSiS, la notice suivante: « Solutio denarii sancti Pétri pro lampadibus, per Kazimirum primum regem Poloniae repromissa, coUectoribus apostolicis agentibus, innovata est. Licet enim ex exordio institutionis ipsius de domo et familia qualibet très tantummodo denarii usuales et avenœ cribram solverentur, hujiisn-iodi tune consuetudine abrogata sancitum est ut de quolibet capite coloni et rusticani homines unum denarium annuatim exsolvant usualem , que etiam in diem hanc et usque in œtatem nostram continuatur '^ » .
Ce témoignage a une particulière importance. Ainsi le Denier de saint Pierre conservait encore au xv^ siècle la marque indélébile de son origine : seuls les colons et les paysans, c'est-à-dire ceux qui vivaient directement sur la terre, y étaient astreints. Cela complète la physionomie de l'institution dont nous avons essayé d'esquisser l'histoire. Pareil fait se rencontre pour le Denier de saint Pierre en Angleterre ; dès la fin du xii^ siècle, seuls les serfs attachés à la glèbe étaient tenus à payer le Denier^. L'institution a eu dans lun et l'autre pays
1. Mon. Germ. Script., l. XIX, p. 669. — Cf. Annales Lubicenses [Mon. Germ. Script., t. XVI, p. 42S, I. 28-3 1 ; chronique d'Aula Regia, dans Dobner, Mon. Iiist. Bohem., t. V, p. 379-380.
2. Voyez sur celte affaire une longue et intéressante note de Waltenbach Ipage 77), dans le tome V du Codex diplomaticus Silesiz, 1862. — Cf. Griinhagen, iCon;'^ Johann von Bœhmen und Bischof Nanker von Breslau, dans, Sitzungsberichte de l'Académie de Vienne, 1864(1. 47, p. i3), etMaydorn, Der Peterspfennig in Schlesien bis in die Mille des XIV. Jahrhunderts, dans Zeilschrift fur Gesch. und Alterlh. Schlesiens, 188 3, t. XVII.